Un double défi attend l’Arabie saoudite : engager des réformes ambitieuses et venir à bout d’une situation régionale précaire sur le plan de la sécurité

25 avril 2018

Bruxelles, le 24 avril 2018 - L’Arabie saoudite doit relever un double défi : procéder à un ambitieux programme de réformes sur le plan national, tout en surmontant des conditions régionales instables en matière de sécurité. Telles ont été les principales conclusions de la visite qu’une délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a effectuée au Royaume d’Arabie saoudite du 16 au 18 avril 2018. Les réunions ont porté sur un vaste ensemble de questions relatives à la sécurité des pays de la péninsule Arabique, et en particulier à la situation au Yémen. Les délégués se sont entretenus avec de hauts responsables saoudiens, parmi lesquels le Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, les ministres des affaires étrangères et de l’intérieur, les membres du Majlis Al-Shura, les représentants principaux du Conseil de coopération du Golfe et d’autres représentants du pays hôte.

Au cours de cette visite, les interlocuteurs saoudiens ont à maintes reprises souligné l’importance de l’ambitieux programme « Vision 2030 », qui vise à réduire la dépendance du pays vis-à-vis du pétrole et à promouvoir des changements sociaux de grande envergure. Les membres du Majlis Al Shura ont bon espoir que ce programme entraînera une transparence et une responsabilisation accrues ainsi qu’une amélioration de l’action du gouvernement. Bien que la mise en œuvre de cette initiative exige des efforts considérables au moment où Riyad se heurte également à d’importantes difficultés sur le plan de la sécurité, diplomates et observateurs ont signalé que le programme « Vision 2030 » peut largement contribuer à moderniser le pays.

Les préoccupations essentielles de l’Arabie saoudite demeurent l’Iran et le défi permanent que représente le terrorisme. Les interlocuteurs rencontrés estiment que l’Iran constitue la principale source d’instabilité, surtout en raison de son immixtion dans les affaires intérieures des pays voisins, de son soutien aux groupes terroristes et de la prolifération des missiles balistiques. Les représentants du gouvernement se sont dits gravement préoccupés par le Plan d’action global commun (Joint Comprehensive Plan of Action) qui n’empêchera pas l’Iran de développer ses capacités nucléaires, à moins que la question fondamentale de la disposition de caducité et le champ d’application du régime d’inspection ne soient rectifiés.

Lors de ces réunions avec les représentants du pays hôte, les délégués ont salué le rôle central joué par l’Arabie saoudite et sa contribution à la sécurité de la région du Golfe ainsi qu’à la lutte internationale contre le terrorisme. Les interlocuteurs saoudiens ont reconnu que le Royaume avait été confronté à de graves problèmes par le passé, mais ont souligné que les autorités relevaient à présent le défi sur différents fronts (médiatique, financier et idéologique).

La guerre civile au Yémen a aussi figuré en bonne place sur l’agenda des échanges. Le ministre des affaires étrangères, Adel Al-Joubeir, a fait valoir que la guerre au Yémen n’était pas voulue par l’Arabie saoudite mais qu’elle était infligée au Royaume par les insurgés houthis. Cela dit, si la coalition a progressé dans le pays, elle a perdu la bataille de la communication, a noté M. Al-Joubeir. Le général Fayyadh al-Ruwaili, chef d’état-major des forces armées saoudiennes, a souligné que les forces de la coalition faisaient de leur mieux pour éviter les pertes de civils. Les représentants du gouvernement ont en outre rappelé à la délégation que l’Arabie saoudite apportait une aide humanitaire considérable et qu’elle faisait tout pour soulager le sort du peuple yéménite.

D’autres questions ont également été abordées au cours de cette visite de trois jours, telles que la situation en Syrie, la crise diplomatique avec le Qatar et le processus de paix israélo-palestinien.

La délégation, qui comptait huit parlementaires de quatre pays membres de l’Alliance atlantique, était dirigée par Metin Lütfi Baydar (Turquie), président de la sous-commission sur les partenariats de l’OTAN.