À Skopje, les parlementaires nationaux et occidentaux se montrent optimistes quant à l’avenir européen des Balkans occidentaux

06 juillet 2018

Bruxelles/Skopje, 6 juillet 2018 – C’était peut-être l’une des dernières fois où des parlementaires occidentaux en visite à Skopje devaient se référer au pays hôte en tant qu’« ex-République yougoslave de Macédoine* » : l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a tenu son 98e séminaire Rose-Roth à Skopje du 27 au 29 juin, soit moins de deux semaines après l’accord historique sur le nom intervenu entre les Premiers ministres Aléxis Tsípras et Zoran Zaev.

Les parlementaires occidentaux ont évoqué une bouffée d’optimisme palpable à Skopje après des années de désespoir face à l’absence de progrès sur le terrain de l’intégration européenne et euro-atlantique.

M. Zaev a déclaré aux Parlementaires de l’OTAN qu’aux yeux de son gouvernement la récente décision du Conseil européen d’ouvrir des négociations d’accession en juin 2019 sous réserve d’une poursuite des réformes était une grande victoire pour le pays. Il a par ailleurs exprimé l’espoir qu’au Sommet de Bruxelles des 11 et 12 juillet les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN se prononceraient à leur tour pour l’ouverture de négociations d’accession.

Le Premier ministre, le président de l’Assemblée de Macédoine, Talat Xhaferi, et d’autres hauts responsables gouvernementaux ont fait observer que le pays avait accompli ces dernières années de grands progrès sur le plan intérieur (démocratisation des institutions, indépendance de la justice et des médias, primauté du droit et cohésion interethnique) et extérieur (signature d’accords fondateurs avec la Bulgarie et la Grèce).

Le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Paolo Alli, a félicité les autorités du pays hôte d’avoir rétabli une culture du compromis, tellement essentielle à la survie d’une démocratie, et d’avoir conforté sa réputation de partenaire sérieux, que ce soit dans la région ou au regard de l’OTAN et de l’Union européenne. « Lorsque je prendrai la parole devant les dirigeants alliés au Sommet de Bruxelles, je plaiderai en faveur de votre accession comme trentième membre de l’OTAN », a dit M. Alli.

James W. Pardew, ancien envoyé spécial des États-Unis dans les Balkans et ancien secrétaire général adjoint de l’OTAN pour les opérations, donnait le ton des travaux du séminaire. Selon lui, l’histoire a montré qu’à chaque fois que l’Ouest négligeait les Balkans il se mettait en grand péril. Il a ajouté : « L’Europe et les États-Unis, qui ont tant investi dans cette partie du monde, doivent demeurer pleinement engagés dans les Balkans et continuer à consolider les adhésions locales à l’Alliance. »

Le vice-ministre des affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine, Josip Brkić, a souligné que son pays avait atteint la limite s’agissant du recensement des avoirs de la défense, condition préalable à l’activation du plan d’action pour l’adhésion (MAP) de l’OTAN. Il a invité les Alliés à prendre acte des avancées ainsi réalisées et de procéder à cette activation dès leur sommet de juillet, faisant valoir qu’une telle démarche encouragerait vivement la poursuite des réformes intérieures.

Tout au long du séminaire, spécialistes régionaux et internationaux, diplomates et responsables gouvernementaux ont débattu les réformes en cours dans tous les secteurs des pouvoirs publics. L’ordre du jour du séminaire comportait d’autres points importants pour les Balkans occidentaux, dont l’état des relations interethniques, l’influence des informations fausses ou erronées sur le discours public, ainsi que la crise migratoire et la « route des Balkans ».

Ce séminaire, qui réunissait au total quelque 120 participants, a été organisé grâce au généreux soutien du gouvernement suisse et du Centre pour le contrôle démocratique des forces armées – Genève (DCAF). Les séminaires Rose-Roth ont pour principal objectif de faciliter le dialogue entre parlementaires des pays membres et partenaires de l’OTAN autour de questions touchant à la sécurité régionale.


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* La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.