Réponse des forces armées alliées à la Covid-19, discussion sur les partenariats de sécurité de l’OTAN lors de la réunion en ligne de la commission de la défense et de la sécurité

16 juillet 2020

La vidéo de la réunion se trouve en bas de page


Le rôle des forces armées des alliés de l’OTAN dans la pandémie de Covid-19 fait l’objet d’un projet de rapport spécial récemment publié par la commission de la défense et de la sécurité (DSC) de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Selon ce projet de rapport, l’action rapide et décisive des militaires alliés a joué un rôle essentiel pour atténuer la propagation et l’impact de la crise de Covid-19 dès ses débuts, et a finalement permis de sauver de nombreuses vies. Attila Mesterhazy (Hongrie), président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN et président de la sous-commission sur la coopération transatlantique en matière de défense et de sécurité, a présenté son projet de rapport aux membres de la commission de la défense des pays membres et associés de l’Alliance lors d’une réunion en ligne en date du 16 juillet. À l’ordre du jour de la réunion figurait également un projet de rapport de Lara Martinho (Portugal) sur le programme de l’OTAN en matière de sensibilisation coopérative à la sécurité, l’Initiative de renforcement des capacités de défense et des capacités de sécurité s’y rapportant (DCB). L’initiative DCB de l’OTAN constitue le thème de prédilection de la sous-commission sur l’avenir de la sécurité et des capacités de défense (DSCFC) qui se réunira tout au long de l’année.

À ce jour, des centaines de missions dirigées par l’OTAN ont permis de fortement renforcer l’acheminement de fournitures médicales et de personnel au travers de toute l’Alliance, un signe de la puissante solidarité alliée. Cet effort de l’ensemble des pays de l’Alliance continue de mobiliser des ressources pour aider les Alliés et les partenaires qui en ont besoin aujourd’hui ; il exploite également le fort potentiel d’innovation des institutions de défense modernes de l’Alliance pour trouver les moyens de protéger les populations alliées à l’avenir.

Les Alliés de l’OTAN prennent les mesures nécessaires pour se préparer à une éventuelle deuxième vague, ainsi qu’à toute pandémie à venir : les Alliés se sont accordés pour augmenter les stocks de matériel prépositionnés, ont créé un fonds d’urgence pour les aider à l’acquisition des fournitures d’urgence et ont activé le réseau scientifique de l’Alliance pour permettre de trouver des solutions innovantes en matière de détection des virus, d’amélioration de la connaissance de la situation, de décontamination et de résilience.

M. Mesterhazy a documenté le rôle essentiel des efforts coordonnés des Alliés pour se soutenir mutuellement alors que le virus se répandait dans le monde entier. Il a également attiré l’attention sur la volonté de l’Alliance de continuer de renforcer sa préparation et la résilience des forces, ce qui apparait particulièrement important dans un contexte où la Russie et la Chine ont toutes deux cherché à utiliser la pandémie pour exploiter des faiblesses et faire avancer leurs intérêts. Les forces russes ont accru leur collaboration avec les forces aériennes, terrestres et maritimes de l’OTAN au cours des derniers mois, a déclaré M. Mesterhazy à ses collègues, et la Russie et la Chine ont également « impitoyablement exploité la pléthore de plateformes de communication existantes pour diffuser une désinformation délibérée sur la Covid-19 : l’OTAN et l’Union européenne représentent toutes deux des cibles clés de cette désinformation pour renforcer les programmes anti-occidentaux de Moscou et de Pékin ».

M. Mesterhazy a conclu son exposé en demandant à ses homologues parlementaires : de continuer à travailler de concert pour mettre en exergue la force des systèmes démocratiques comme le moyen le plus efficace de protéger les intérêts de leur population ; de renforcer l’autosuffisance des Alliés pour les protéger contre toute crise future et pour protéger les infrastructures critiques des efforts d’investissement prédateurs d’acteurs externes ; de continuer à renforcer la coopération OTAN-UE pour surmonter les difficultés, telles que la désinformation malveillante ; de continuer à se concentrer sur l’augmentation des investissements dans la défense et le partage des charges, car la pandémie a non seulement prouvé la nature vitale des forces armées pour réagir aux crises, mais aussi pour faire face au nombre croissant de menaces qui pèsent sur la sécurité internationale.

M. Mesterhazy a également demandé à ses collègues de l’aider à formuler une position parlementaire commune pour s’exprimer au sein du groupe de réflexion du secrétaire général de l’OTAN, désormais rebaptisé # NATO2030, visant à trouver les voies et moyens d’élargir le rôle politique de l’Alliance.

Lors de sa présentation de l’initiative DCB de l’OTAN, la rapporteure du DSCFC, Lara Martinho, a déclaré à ses collègues que les programmes riches et variés de sensibilisation de l’OTAN en matière de sécurité coopérative avaient été un pilier des efforts de l’Alliance depuis la fin de la guerre froide. L’initiative audacieuse de l’OTAN de tendre une « main amicale » à ses anciens adversaires du Pacte de Varsovie en Europe centrale et orientale a donné le coup d’envoi à un large éventail de programmes de sensibilisation en matière de sécurité coopérative dans le monde entier.

Comme l’a signalé Mme Martinho à ses collègues : « Le concept sous-jacent des programmes de sécurité coopérative de l’OTAN est simple : la coopération renforce la confiance et élargit la zone de stabilité et de prospérité pour toutes les parties concernées ».

Mme Martinho a expliqué que les doubles chocs sécuritaires de 2014 dans des pays proches des membres de l’OTAN en Ukraine, en Syrie et en Iraq avaient clairement démontré que les défis croissants à l’extérieur des frontières de l’OTAN pourraient avoir un effet d’entraînement sur la sécurité de l’Alliance. C’est ainsi que l’année 2014 a, d’une certaine façon, ouvert la porte pour revoir et adapter les programmes de sécurité coopérative de l’OTAN et en faire un élément clé des efforts de l’OTAN visant à garantir à ses populations une sécurité à 360 degrés et à promouvoir dès à présent la stabilité à l’étranger.

La nouvelle initiative bilatérale de renforcement des capacités de défense – connu sous le nom d’initiative DCB – constitue un élément crucial de ces efforts. L’initiative DCB de l’OTAN vise à fournir un soutien sur mesure et efficace au secteur de la défense et de la sécurité s’y rapportant, accompagné d’un puissant soutien politique des Alliés. À ce jour, cinq pays sont bénéficiaires de l’initiative DCB de l’OTAN : la Géorgie, la Jordanie, la République de Moldova, l’Iraq et la Tunisie.

Mme Martinho a indiqué qu’il était impératif que les parlementaires de l’OTAN apportent un soutien politique fort à ces initiatives pour aider les Alliés à continuer de se concentrer sur ces pays en tant que priorités stratégiques dans le cadre du solide partenariat de sécurité entre les Alliés. Elle a noté que chacun de ces pays représentait un rempart contre les défis sécuritaires sous-jacents visant à anéantir les efforts menés par les Alliés, à travers leurs partenariats, en vue d’élargir la zone de stabilité et de prospérité.