L’OTAN peut jouer un rôle dans le conflit syrien, même six ans après, apprennent les parlementaires de l’OTAN

09 octobre 2017

Bucarest, le 8 octobre 2017 – Des parlementaires de divers pays de l’OTAN ont appelé dimanche à une action internationale concertée pour renforcer la stabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, étant donné que les conflits en Syrie et en Iraq, la crise au Yémen et les tensions dans la région du Golfe constituent un terreau fertile à l’essor de groupes extrémistes.

« La sécurité régionale se détériorant, l’OTAN ne peut se permettre de rester en retrait, surtout lorsque l’OTAN a la mission et les compétences militaires nécessaires pour contribuer aux efforts internationaux », a déclaré le parlementaire portugais Julio Miranda Calha à la commission politique de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.

La guerre en Syrie entrant dans sa sixième année, Salam Kawakibi, directeur adjoint, Initiative de réforme arabe, et originaire de la ville d’Alep aujourd’hui en ruines, a déclaré que « les choses sont pires que ce que je pouvais imaginer », ajoutant que les efforts déployés par la communauté internationale pour mettre un terme à ce conflit se sont enlisés.

La seule voie possible est d’établir une véritable transition politique, a-t-il déclaré à la commission sur la dimension civile de l’AP-OTAN, et l’Europe en particulier ne doit pas se sentir démunie alors qu’elle dispose d’une telle puissance financière collective. « Ouvrez les yeux sur ce qui se passe à la porte de l’Europe. Vous avez une carte à jouer : la reconstruction », a-t-il indiqué à la session annuelle de l’AP-OTAN qui se tient à Bucarest, Roumanie.

Selon la sénatrice française Joëlle Garriaud-Maylam, l’OTAN doit envisager de prendre des mesures si la situation empire dans un pays qui, avec l’Iraq, génère de nombreux terroristes étrangers qui posent un danger pour l’Europe lorsqu’ils rentrent dans leur pays d’origine. Soulignant par ailleurs l’importance d’appuyer la coalition internationale qui lutte contre Daech, elle a déclaré que « l’OTAN doit poursuivre sa participation dans la coalition, et soutenir les négociations visant à établir un cessez-le-feu, ainsi que les efforts déployés sur le plan politique pour résoudre le conflit conformément à la feuille de route de l’ONU ».

Les parlementaires se sont déclarés très préoccupés par le conflit au Yémen – l’un des pays les plus pauvres de la région -, avec des pénuries d’eau et de vivres et une épidémie de choléra aggravant une crise humanitaire déclenchée par la guerre entre les forces gouvernementales et les alliés des rebelles houthistes.

Au sein de la commission des sciences et des technologies, la parlementaire néerlandaise Maria Martens a, quant à elle, fait part de ‘’facteurs de changement à grande échelle’’ dans la région tels que les pénuries d’eau et de vivres ou le changement climatique. « Si rien n’est fait pour y remédier, la stabilité de la région pourrait être compromise à long terme », a-t-elle souligné.