L’OTAN est encouragée à maintenir des forces en Pologne et dans les États baltes sur le long terme

18 novembre 2018

Halifax (Canada), le 18 novembre 2018 – Confrontée à l’agression militaire, aux cyberattaques et à l’ingérence électorale de la Russie, l’OTAN doit s’assurer que ses troupes basées dans les États baltes et en Pologne demeurent opérationnelles et peuvent être maintenues sur le long terme, ont indiqué les parlementaires et les experts réunis ce dimanche.

« La politique du quitte ou double menée par la Russie représente une menace pour la sécurité européenne », a déclaré le sénateur canadien Joseph A. Day lors de la session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN). Elle est particulièrement préoccupante pour les membres de l’OTAN que sont la Pologne, la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie, qui ont souffert par le passé de l’occupation russe.

« Nous devons travailler avec nos partenaires pour les aider à contrer toutes menaces menacer à la paix et la sécurité », a indiqué le sénateur Day devant la commission de la défense et de la sécurité de l’AP-OTAN à Halifax (Canada).

Les pays situés à l’est de l’Alliance sont confrontés à des menaces militaires conventionnelles et des menaces hybrides significatives de la part de leur voisin, à un moment où les relations entre l’OTAN et la Russie sont au plus bas depuis la guerre froide. Les Alliés ont réagi en déployant quatre bataillons multinationaux dans la région.

Dans un projet de résolution, les parlementaires recommandent aux Alliés « de continuer d’assurer la soutenabilité et la disponibilité opérationnelle » de cette présence avancée rehaussée. Il convient en outre d’accroître la mobilité militaire au travers d’une coopération OTAN-UE renforcée, de réduire les délais de déploiement et de sécuriser les axes d’approvisionnement.

La résolution appelle également à la conception d’un système d’alerte rapide qui permette de détecter d’éventuelles incursions dans le corridor de Suwalki, une zone située en Pologne entre le Belarus et, à l’ouest, l’enclave russe de Kaliningrad. Si la Russie pénètre avec des chars dans cette zone, les États baltes pourraient être totalement coupés des autres membres de l’Alliance.

Un état des lieux des tensions entre les États-Unis et la Russie concernant le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) de 1987 a par ailleurs été présenté aux parlementaires. Le président américain Donald Trump a menacé se retirer de ce traité, accusant la Russie d’en enfreindre les termes avec son nouveau système de missile SSC8.

Les Alliés européens considèrent que ce traité constitue la pierre angulaire de la sécurité internationale et qu’il doit être respecté. « Ce nouveau missile représente une menace militaire considérable pour l’OTAN », a déclaré Peter Brookes, expert de la sécurité nationale des États-Unis à la Heritage Foundation.« Outre une menace militaire, ce missile représente un défi pour l’unité politique de l’OTAN », a ajouté M. Brooks. « La problématique du Traité FNI pourrait fournir à la Russie un autre avantage, celui de fragiliser la cohésion de l’Alliance. » L’expert a également rendu compte des progrès de la Chine en matière de missiles.

Le traité conclu à l’époque de la guerre froide entre Washington et Moscou prévoit l’élimination de tous les missiles terrestres et de croisière ayant une portée comprise entre 500 et 5 500 kilomètres. La Russie prétend qu’elle le respecte.