L’OTAN doit s’adapter aux nouveaux défis sécuritaires dans le Grand Nord

18 novembre 2018

Halifax (Canada), le 18 novembre 2018 – L’OTAN doit aligner sa posture stratégique dans le Grand Nord sur les nouvelles réalités sécuritaires, ont indiqué samedi les membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN). Cela doit inclure le soutien au développement des capacités défensives des Alliés dans la région et l’organisation d’un nombre accru d’exercices conjoints.

« Les Alliés de l’Arctique ne doivent pas s’inquiéter du renforcement actuel de la présence militaire russe », a déclaré la sénatrice canadienne Jane Cordy.

Mme Cordy a formulé à l’intention des gouvernements des pays de l’OTAN plusieurs recommandations sur la sécurité et la coopération dans le Grand Nord, qui seront soumises pour adoption lors de la session annuelle de l’AP-OTAN qui se tient, cette année, à Halifax.

Les parlementaires ont exprimé leur inquiétude quant à l’échelle et l’envergure du renforcement de la présence militaire russe dans l’Arctique, y compris la refonte complète de sa flotte du nord, la mise en place d’une infrastructure militaire dans toute la région, et l’augmentation spectaculaire des activités aériennes et sous-marines.

Le développement des activités de la Russie dans le Grand Nord survient à un moment où le changement climatique risque d’entraîner une intensification de la concurrence pour les ressources naturelles et pour les axes de communication dans la région.

Malgré les inquiétudes, l’AP-OTAN a invité les gouvernements à coopérer afin d’éviter que la concurrence dans la région n’échappe à tout contrôle.

« L’engagement de l’OTAN dans l’Arctique doit être soigneusement calibré afin que l’Arctique demeure une zone de coopération et de faible tension », a déclaré Mme Cordy.
Les activités de recherche et de sauvetage, la recherche scientifique et la pêche sont les domaines dans lesquels la coopération avec la Russie pourrait être étendue.

Les parlementaires ont insisté sur l’importance de la consultation des communautés autochnones dans le cadre des politiques relatives à la région arctique, un point mis en avant par Udloriak Hanson, sous-ministre du développement économique et des transports du Nunavut, le territoire le plus septentrional du Canada.

« Lorsque vous parlez de l’Arctique, vous parlez de notre terre natale, vous parlez d’un peuple », a déclaré la sous-ministre devant l’Assemblée. « La sécurité dans le Grand Nord nécessite non seulement la consultation des Inuits, mais aussi leur supervision et leur participation.»