L’OTAN doit mieux définir sa politique spatiale

Halifax (Canada), le 18 novembre – Pour répondre à la dépendance croissante des opérations de l’OTAN aux capacités spatiales dans plusieurs domaines tels que le renseignement, la surveillance terrestre, la navigation et l’alerte rapide, l’Alliance doit développer une politique spatiale mieux définie. Tel est le message envoyé par les législateurs de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ce samedi.
L’arsenalisation de l’espace est en coursa déclaré le sénateur français Jean-Marie Bockel. « La Russie a déployé des satellites militaires qui semblent suivre certains satellites occidentaux d’importance cruciale. En 2007, la Chine a démontré ses capacités antisatellites en détruisant un satellite gravitant en orbite haute. »

M. Bockel a présenté un projet de résolution appelant les gouvernements de l’OTAN à adopter un ensemble de recommandations politiques dans un contexte d’évolution rapide du secteur spatial.

Le projet de résolution conseille notamment de préserver l’espace en tant que zone de coopération mondiale malgré son importance militaire, de prioriser l’établissement d’une règlementation commune gouvernant les activités spatiales, dont la réduction au minimum des débris spatiaux, ainsi que d’améliorer le partage des capacités entre les Alliés.

Les recommandations ont été approuvées par la commission de l’économie et de la sécurité de l’AP-OTAN. Elles devraient être adoptées par l’Assemblée réunie en plénière ce lundi, en conclusion de la session annuelle de quatre jours réunie cette année à Halifax.

Les législateurs ont également invité les gouvernements des pays membres de l’OTAN à collaborer davantage avec les entreprises privées pour garantir la protection des satellites contre les cyberattaques. 

Éric Laliberté, directeur général de l’utilisation de l'espace pour l’Agence spatiale canadienne, a présenté l’ampleur de la dépendance des nations occidentales à la technologie spatiale sur un large éventail d’activités allant du suivi du changement climatique à la défense nationale.
L’espace est présent dans toutes les activités économiques et humainesIl a cité l’exemple des agriculteurs canadiens, lesquels économisent 550 millions de dollars canadiens par an grâce à l’agriculture de précision rendue possible par satellite. D’autre part, on estime que la contribution de l’espace à la gestion des catastrophes représente 30 000 livres d’économie dans le monde entier.

« L’espace peut contribuer à tout type de secteurs », a conclu M. Laliberté.