L’OTAN doit investir davantage pour rattraper son retard sur la Russie et sur la Chine en matière de technologie de défense

28 mai 2018

Varsovie, le 27 mai 2018 – L’OTAN a été mise en garde, ce dimanche, en raison des quelque dix ans de retard qu’elle accuse par rapport à la Russie et à la Chine dans certains secteurs de développement des technologies militaires, et elle a été invitée à placer les travaux de recherche dans des équipements de pointe en bonne place dans son agenda si elle veut avoir une chance de rivaliser avec ses concurrents.

La parlementaire canadienne Leona Alleslev, qui présentait un projet de rapport sur l’innovation en matière de défense à la commission des sciences et des technologies de l’Assemblée, a déclaré : Si nous voulons avoir la capacité de dissuader et de défendre, nous devons jouer à armes égales avec nos ennemis.En début d’année, la Russie s’est targuée de développer de nouvelles armes nucléaires, y compris un véhicule sous-marin sans pilote à tête nucléaire, tandis que la Chine investit actuellement des milliards de dollars dans l’intelligence artificielle.
Nous sommes très préoccupés par le fait que nous n’allons pas faire autant, ni peut-être aussi efficacement qu’il le faudraita déclaré Mme Alleslev, appelant ses pairs à informer les gouvernements nationaux et les citoyens sur l’urgence du problème.

Une partie des équipements militaires essentiels voués à tomber en obsolescence ces prochaines années sont les systèmes aéroportés de détection et de contrôle (AWACS), que l’OTAN utilise pour aider à gérer l’espace aérien au-dessus de la Syrie depuis la Turquie voisine.

Selon le haut responsable de l’OTAN chargé des investissements dans les capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, Robert Murray, il est à présent nécessaire de prendre d’importantes décisions politiques si l’on veut éviter de se retrouver face au vide lorsque les aéronefs arriveront en fin de vie, en 2035. M. Murray a mis en garde en ces termes : Il serait risqué d’aller au-delà de 2035.M. Murray a insisté sur la nécessité d’accélérer le processus de décision. « Nous avons besoin d’un point de départ. Nous devons créer cette dynamique. Selon moi, le point de départ évident est un système aérien », a-t-il dit, ajoutant que la prise d’une décision politique à ce sujet « contribuerait énormément au respect du calendrier ».

Les Alliés pourraient ensuite développer progressivement ce système aérien en y ajoutant de nouvelles innovations au fur et à mesure de leur arrivée à maturité.

De l’avis de Jennifer Henderson, ancienne directrice Transformation au Defence Science and Technology Laboratory  du Royaume-Uni, le secteur technologique britannique est un secteur enregistrant les plus grands progrès en termes d’égalité des genres.

Mme Henderson a précisé qu’après une longue bataille, le laboratoire est en bonne voie pour établir une parité hommes-femmes. Elle a montré aux parlementaires la manière dont les cercles d’encadrement – des groupes de mentorat où les jeunes femmes peuvent exprimer leurs préoccupations sur tous les thèmes, depuis les opportunités de promotion jusqu’à l’équilibre entre travail et vie privée, et la lutte contre le harcèlement – ont contribué à améliorer la culture du travail.

Au sein de la commission de la défense et de la sécurité, les législateurs ont débattu de la nécessité d’investir davantage dans les forces d’opérations spéciales, lesquelles sont de plus en plus devenues une arme de choix compte tenu de leur taille et de leur rentabilité.
Nos forces spéciales ont de plus en plus de tâches à exécuter, elles manquent de ressources ou sont insuffisamment préparées pour les exigences actuelles

 (Madeleine Moon, parlementaire britannique et auteure du projet de rapport sur les forces d’opérations spéciales dans l’environnement de sécurité contemporain).


Ce projet de rapport montre que les forces spéciales sont mieux adaptées à gérer les menaces asymétriques émanant de la Russie ou de groupes djihadistes inspirant le terrorisme, ainsi que les attentats imprévisibles commis par des loups solitaires dans la zone euro-atlantique. Mme Moon a  dit estimer que l’OTAN doit « faire beaucoup plus attention à la manière dont nos gouvernements financent, équipent et structurent nos forces armées » compte tenu de ces défis à relever.