L’OTAN considère les dépenses de défense et les liens transatlantiques comme ses préoccupations majeures

28 mai 2018

Varsovie, le 27 mai 2018 - Dimanche, les parlementaires des pays membres de l’OTAN ont appelé les Alliés à augmenter leurs budgets militaires et ils ont souligné l’importance des liens transatlantiques, alors que le président des États-Unis, Donald Trump, presse ses partenaires d’accroître leurs dépenses de défense.

Les 29 pays membres de l’OTAN se sont engagés à enrayer les coupes budgétaires et à se rapprocher du seuil des 2 % du PIB consacrés aux budgets militaires d’ici à 2024, dont 20 % seront affectés à l’acquisition de nouvelles capacités. Les Alliés ont par ailleurs promis de présenter des programmes d’action pour expliquer comment ils allaient procéder, mais seule la moitié d’entre eux environ ont respecté cette promesse pour le moment.

« Le lien transatlantique est un axe vital de notre Alliance », a déclaré le ministre polonais des affaires étrangères Jacek Czaputowicz durant la session de printemps de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN à Varsovie. L’Europe a besoin des États-Unis et les États-Unis ont besoin de l’Europe. « La sécurité de l’Alliance est indivisible », a-t-il dit avant d’ajouter : « nous devons veiller à ce que les budgets de défense nationaux respectent les critères définis par l’OTAN ». Le ministre a fait observer que la Pologne compte y consacrer 2,5 % de son PIB d’ici à 2030.

Si les pays membres de l’OTAN ont coupé dans les dépenses de défense et dans les effectifs au niveau des commandements après la guerre froide, l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, à la suite de sa guerre avec la Géorgie en 2008, a incité les Alliés à augmenter leurs budgets militaires. Cette question occupera une place prééminente à l’ordre du jour du sommet que l’OTAN tiendra les 11 et 12 juillet prochains.

Selon les prévisions, seuls huit pays membres devraient respecter la directive relative aux dépenses cette année, alors que la plus grande alliance militaire au monde s’efforce d’inverser la tendance après un quart de siècle de réduction des dépenses militaires.

Dans un projet de rapport présenté à la commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, le parlementaire hongrois Attila Mesterhazy a souligné que l’adaptation de la posture de défense et de dissuasion nécessite une augmentation des dépenses de la part de l’OTAN afin de pouvoir répondre au comportement assertif de la Russie et aux menaces de sécurité en rapide évolution.

« Toutes ces tâches, missions et ambitions requièrent, pour le moins, la mobilisation de ressources considérables. Elles exigent d’importants investissements financiers au niveau du personnel et des équipements nécessaires pour les exécuter correctement », a fait observer M. Mesterhazy à ses pairs.

Le ministre polonais de la défense Mariusz Blaszczak a fait observer que la Russie a poursuivi le développement de ses forces armées, alors que l’OTAN a ralenti le rythme, ce qui signifie que la Russie est mieux préparée à mener une guerre conventionnelle.En vertu d’une loi en vigueur depuis l’année dernière, la Pologne progresse dans le sens d’un renforcement de ses forces armées à 200 000 personnes et de l’achat de nouveaux équipements.

Si le président Donald Trump s’est montré virulent dans ses exigences d’augmentation des dépenses envers les Alliés, Slawomir Debski, directeur de l’Institut polonais des affaires internationales, a dédramatisé les allégations d’une possible rupture du lien transatlantique, et il a lancé des mises en garde, estimant que les conflits ne seraient finalement exploités que par ceux qui souhaitent déstabiliser l’OTAN.

« Nous ne devons pas paniquer du fait que telle ou telle décision ait été prise de ce côté ou de l’autre côté de l’Atlantique. Chaque jour apporte son lot de désaccords et de tumultes », a-t-il déclaré samedi devant la commission politique. La seule manière de surmonter nos problèmes est de nous en tenir aux principes auxquels nous croyons, de dialoguer entre nous et de faire cause commune en matière de coopération.