Les parlementaires de l’OTAN se penchent sur les incidences commerciales et stratégiques du «new space»

12 octobre 2018

Paris / Toulouse / Bruxelles, le 10 octobre 2018 - Le domaine de l’espace évolue rapidement et de nouvelles perspectives commerciales s’ouvrent progressivement, qui transformeront l’économie mondiale. La France apparaît tout à la fois comme une protagoniste de toute première importance en la matière et comme l’une des forces motrices d’une démarche collective européenne visant à la fois à tirer profit des marchés et à les  façonner. Mais en même temps qu’augmentent, d’une part, les enjeux commerciaux et le nombre d’acteurs liés à ce qu’il est devenu monnaie courante d’appeler le « Nouvel espace » et, d’autre part, la dépendance de l’économie mondiale vis-à-vis de systèmes numériques et de systèmes de télécommunications basés dans l’espace, le risque s’accroît de voir, précisément, l’espace devenir un terrain propice aux rivalités stratégiques et militaires. Tel est le principal message qu’une délégation de membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a rapporté d’une mission effectuée à Paris et à Toulouse du 3 au 5 octobre 2018.

Jean-Paul Granier, de la direction générale de l’armement du ministère français de la défense, a indiqué à la délégation que l’espace était un élément primordial de la doctrine militaire française, mais que les pays occidentaux devaient maintenant mettre à jour les stratégies destinées à gérer « le phénomène de l’Espace nouveau ». Par exemple, au vu des technologies antisatellitaires actuellement déployées par des pays rivaux, il est de plus en plus nécessaire de doter les satellites de moyens de surveillance et d’antibrouillage pour assurer leur protection. Une évaluation globale de la situation est essentielle pour contrer toute menée agressive d’un pays rival, certes, mais aussi pour faire face au problème des débris engendrés par l’activité humaine dans l’espace, problème qui prend de l’ampleur.

La maîtrise de l’espace offre aussi de grands avantages sur terre. La ville de Toulouse est devenue le cœur de l’industrie spatiale française et même européenne et son économie est florissante. Son maire, Jean-Luc Moudenc, qui est également le président de Toulouse Métropole, a rappelé à la délégation que Toulouse jouait depuis toujours un rôle de pionnière  dans ce secteur, puisqu’elle a accompagné les premiers pas de l’aviation française pendant la première guerre mondiale. Depuis lors, elle est à la pointe de l’industrie aérospatiale du pays. Aujourd’hui, les partenariats commerciaux s’étendent dans le monde entier et Toulouse est devenue une plaque tournante technologique d’ordre cosmopolite et d’une importance internationale.

La ville et sa région abritent une multitude d’entreprises de construction aérospatiale et de centres de recherche, dont Airbus et le Centre national d’études spatiales (CNES), sans oublier un complexe universitaire qui leur est associé par un étroit partenariat. Cela a donné naissance à un cercle vertueux dans le contexte duquel recherche générique et recherche appliquée sont une source de connaissances et de technologies aux incidences commerciales et stratégiques substantielles, a indiqué M. Moudenc. L’industrie de l’espace et de l’aviation de la région connaît une expansion rapide qui a déclenché une croissance en flèche sur le double plan de l’innovation et de l’économie. La région toulousaine crée désormais des milliers d’emplois liés aux progrès accomplis dans les technologies avioniques, la fabrication de satellites et une foule de secteurs auxiliaires ou dérivés de cette industrie.

La délégation se composait de 11 membres de la sous-commission sur les relations économiques transatlantiques de l’AP-OTAN ; elle était conduite par deux des vice-présidents de cette sous-commission, Jean-Luc Reitzer (France) et Christian Tybring-Gjedde (Norvège). Elle a été accueillie par le sénateur français Jean-Marie Bockel, qui a contribué à l’organisation d’une visite des installations d’Airbus Defence and Space, du CNES et de Thalès-Alénia-Space, à Toulouse, et des bureaux des services de lancement Arianespace aux Mureaux, dans la banlieue parisienne.

M. Bockel est le rapporteur de la commission de l’économie et de la sécurité de l’AP OTAN et travaille à la version définitive d’un rapport sur l’avenir de l’industrie spatiale qui sera présenté à l’occasion de la session annuelle de l’Assemblée, laquelle se tiendra à Halifax en novembre prochain. Le projet de rapport sera disponible ici