Les parlementaires de l’OTAN réclament une réponse ferme face aux agressions hybrides de la Russie

27 mai 2018

Varsovie, le 26 mai 2018 – Ce samedi, les parlementaires des pays membres de l’OTAN ont demandé instamment à ce que des mesures plus fermes soient opposées aux attaques hybrides menées à l’encontre des pays occidentaux, y compris des mesures sévères contre le blanchiment d’argent et à l’égard des intérêts financiers internationaux de l’élite pro-Kremlin.

Le prochain sommet de l’OTAN, qui aura lieu en juillet, devrait envisager d’actualiser le concept stratégique de l’Alliance afin de mieux décourager les actions hybrides, peut-on lire dans un rapport rédigé par le législateur britannique Lord Jopling à l’intention de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN). 

Opposer une réponse adéquate de l’OTAN aux actions hostiles de la Russie – qui vont de l’intervention militaire illégale en Ukraine jusqu’aux cyberattaques, ou encore à l’ingérence dans les politiques occidentales et aux campagnes de désinformation – a représenté un thème majeur lors de la session de printemps de l’AP-OTAN tenue cette année à Varsovie. 

Les intervenants ont souligné qu’il est important qu’il y a de résister à ce genre d’agression. « L’OTAN doit se montrer déterminée », a déclaré le ministre polonais des affaires étrangères Jacek Czaputowicz devant la commission politique de l’Assemblée. « La nature des menaces actuelles posées par la Russie est telle que la prise d’actions inadéquates ne ferait qu’exposer les Alliés à des menaces ».

M. Czaputowicz a exhorté les dirigeants des pays membres de l’OTAN à développer des capacités de défense et de dissuasion lorsqu’ils se rencontreront à Bruxelles. Il a vivement recommandé un renforcement des forces sur le flanc est de l’OTAN.

Les gouvernements des pays occidentaux ont également demandé instamment que des restrictions soient appliquées aux avoirs détenus à l’étranger par des personnes très fortunées proches du pouvoir russe. « Les ploutocrates pro-Kremlin ainsi que les hauts responsables corrompus peuvent librement placer leur argent sale et s’acheter de luxueuses propriétés à l’ouest, » a expliqué Lord Jopling.  Ces privilèges doivent être réexaminés et nous devons mieux contrôler l’argent russe qui arrive dans nos pays.Anders Aslund, un expert du groupe de réflexion de Conseil atlantique, a expliqué que le montant de l’argent russe investi par des particuliers à l’étranger est estimé à quelque 800 milliards de dollars. L’essentiel de cet argent est placé au Royaume-Uni et aux États-Unis, après avoir transité par des lieux tels que Chypre, les îles vierges britanniques ou les Îles Caïmans. 

Il a ajouté que les mesures visant les intérêts financiers de personnes proches du régime – à l’instar de la loi Magnitsky adoptée par les États-Unis ou les ordres de richesse inexpliqués (UWO) utilisés par les autorités britanniques pour traquer les fonds suspects – étaient les sanctions les plus efficaces à l’égard de l’élite dirigeante russe.

Les parlementaires ont examiné plusieurs autres mesures possibles de lutte contre les actions hybrides de la Russie, parmi lesquelles des moyens de limiter les attaques anonymes à l’encontre des médias sociaux, une amélioration de l’éducation pour faire face aux campagnes de désinformation de la Russie, une amélioration de la coopération en matière de renseignement, ainsi que le renforcement des cyberdéfenses, notamment celles protégeant les systèmes électoraux. 

Si l’Alliance reste ouverte au dialogue avec la Russie, a précisé Robert Pszczel, responsable de haut niveau à la division Diplomatie publique de l’OTAN, peu de signes indiquent toutefois que Moscou soit disposée à modifier sa position hostile. « Le problème ne disparaîtra pas tant que l’élite russe actuelle sera au pouvoir », a fait observer Marek Menkiszak, chef du département russe au Centre des études orientales. « Nous devons nous attendre à ce que la Russie devienne plus autoritaire, économiquement plus faible, militairement plus forte tout en étant tout aussi, voire plus agressive ».