Les parlementaires de l’OTAN prient les Alliés de respecter leurs engagements budgétaires à l’heure où la Russie accroît ses dépenses de défense

29 mai 2016

Tirana, dimanche 29 mai 2016 – Presque deux ans après le sommet du pays de Galles, plusieurs pays membres de l’OTAN n’ont toujours pas honoré leur promesse d’augmenter leur budget de la défense et doivent faire des efforts supplémentaires – dans la perspective du sommet de l’Alliance qui se tiendra à Varsovie en juillet prochain –, étant donné que la Russie et la Chine accroissent leurs dépenses en matière de défense, ont indiqué dimanche des parlementaires et des experts.

Malgré l’engagement pris au pays de Galles d’accroître les budgets de la défense à au moins 2 % du PIB à l’horizon 2024, seuls cinq des 28 Alliés ont atteint ou dépassé ce taux de référence. De surcroît, les États-Unis, dont la contribution au budget de l’OTAN est la plus élevée, haussent de plus en plus la voix au sujet de l’absence de partage du fardeau.

 Le niveau actuel des dépenses de défense des Alliés est loin de l’objectif des 2 % , a indiqué le parlementaire français Jean-Marie Bockel, auteur d’un projet de rapport sur les incidences budgétaires des nouveaux défis lancés à la sécurité transatlantique, lors de la session de printemps de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui se tient en Albanie.

Comme le montre ce rapport, seuls l’Estonie, les États-Unis, la Grèce, la Pologne et le Royaume‑Uni tiennent les engagements pris au pays de Galles.

L’environnement sécuritaire évolue vite, et nos forces armées ont besoin de ressources suffisantes pour pouvoir s’adapter », a expliqué M. Bockel à la commission de l’économie et de la sécurité de l’AP-OTAN. « Nous devons relever le défi des nouvelles technologies, suivre les évolutions et nous adapter aux nouvelles formes de combat.

La défense aérienne et antimissile, la projection de forces, les drones, la contre-propagande et la cyberdéfense sont les domaines qui ont été présentés comme manquant de moyens de financement.

Le ministre albanais de la Défense Mimi Kodheli, dont le pays relativement peu étendu et aux moyens économiques modestes accueille la session de quatre jours de l’AP-OTAN, a fait savoir qu’après sept ans de baisse des dépenses de défense, l’Albanie avait en 2016 accru son budget de 12 % en valeur réelle.

Le major-général Jeronim Bazo, de l’armée albanaise, a déclaré devant la commission de la défense et de la sécurité de l’Assemblée qu’il espérait que la marine albanaise soit d’ici dix ans en mesure de contrôler intégralement les longues côtes du pays, et que les forces terrestres puissent être déployées plus efficacement.

 Les parlementaires ont par ailleurs souligné la façon dont les menaces auxquelles l’Alliance est confrontée avaient évolué au cours des deux ans qui se sont écoulés entre les sommets. L’attitude plus agressive de la Russie en Europe orientale ainsi que le fait que ce pays se soit posé en adversaire de l’OTAN requièrent une attention soutenue sur le plan budgétaire, mais également une manifestation de détermination politique.

 Parallèlement, le conflit en Syrie – auquel participe aussi la Russie – a favorisé une intensification du terrorisme, ainsi que l’émergence d’une crise des migrants qui a suscité des divisions entre les pays européens quant à la réponse à apporter.

 Sur son flanc Est, l’OTAN fait face à une Russie qui a modernisé son armée et qui fait à nouveau usage de la force », a indiqué le parlementaire canadien Joseph Day. « Sur le flanc Sud, une vaste zone de conflits armés et d’instabilité a attiré des combattants étrangers venus de nombreux pays de l’OTAN. Des groupes armés non étatiques ont conquis des territoires, entraîné une escalade de la violence au niveau local, et exporté leurs idéologies et leur terreur à l’échelle mondiale. 

Le projet de rapport présenté par M. Day appelle à plus de solidarité et d’unité entre les Alliés pour relever les défis, ainsi qu’à une intensification des échanges de renseignements et l’établissement de partenariats plus étroits, par exemple avec les pays voisins de la Libye.

Ce projet de rapport appelle également l’attention sur l’importance pour l’OTAN de garder la porte ouverte aux nouveaux membres, à l’heure où le Monténégro est invité à rejoindre l’Alliance.

Dans la perspective du sommet de Varsovie, la déléguée lituanienne Rasa Jukneviciene a souligné qu’il était important que l’OTAN reste unie et affiche une position « réaliste et ferme » à l’égard de la Russie. L’attitude de la Russie ainsi que sa politique à l’égard de ses voisins et de l’Alliance sont au cœur de l’instabilité que nous connaissons aujourd’hui », a affirmé Mme Jukneviciene devant la commission politique de l’AP-OTAN. " Maintenir une unité n’est pas une tâche aisée, et nous pouvons nous attendre à ce que le Kremlin essaiera, chaque fois qu’il le pourra, de nous diviser. 

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