Les parlementaires de l’OTAN examinent la question des tensions sur les flancs nord et sud

28 mai 2017

Tbilissi, 28 mai 2017 – L’OTAN doit répondre plus énergiquement aux problèmes régionaux qui se posent sur ses flancs nord et sud, depuis les retombées des conflits du Moyen-Orient jusqu’à l’exacerbation de la concurrence autour des ressources du Grand Nord, ont mis en garde ce dimanche les parlementaires des pays de l’Alliance réunis pour leur session de printemps. 

Dans un projet de rapport sur les défis du flanc sud examiné durant la session, le député portugais Júlio Miranda Calha indique : « L’instabilité politique, sociale et économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord a des répercussions considérables sur la sécurité de l’Alliance. »

« L’extrémisme religieux et la radicalisation, les mouvements migratoires et les agissements des groupes terroristes, tels sont quelques-uns des problèmes les plus graves qui émanent du sud pour venir peser directement sur la sécurité de l’OTAN », ajoute M. Miranda Calha.

L’auteur du projet de rapport préconise la poursuite de l’action engagée par les Alliés contre Daech, un partage plus large entre Alliés et pays  partenaires des renseignements disponibles sur les menaces terroristes et la fourniture d’une assistance plus importante aux pays de la région afin d’aider ceux-ci à améliorer les conditions d’existence de leur population et à faciliter la réconciliation.

Pour ce qui est du flanc nord, le membre du Congrès des États-Unis Gerald Connolly a présenté un projet de rapport sur la concentration de troupes russes dans l’Arctique et sur la présence accrue de la Chine dans le Grand Nord, alors que le changement climatique augmente les risques d’une rivalité internationale plus vive dans la région.

« On n’assiste pas encore à une ruée vers les ressources de l’Arctique, mais la situation pourrait changer très rapidement », écrit M. Connolly. « Alors que les glaces continuent à fondre et que d’autres pays non membres de l’OTAN revisitent leur position en relation avec la région, il serait prudent que l’Organisation engage une démarche coordonnée entre Alliés pour améliorer sa compréhension de la situation dans le Grand Nord. »

M. Connolly suggère la création, au siège de l’OTAN, d’un « groupe ad hoc sur l’Arctique » qui serait chargé de recenser les incidences sécuritaires du changement climatique dans l’Arctique et de reconsidérer les besoins alliés en infrastructures, ainsi que d’analyser l’évolution de la présence et du dispositif militaires russes et la stratégie de la Chine dans la région.

Le rôle de la Russie est un thème commun aux rapports de l’Assemblée consacrés à la situation sur les flancs nord et sud.

Pour M. Miranda Calha, les politiques régionales de Moscou entravent les efforts consentis pour trouver une solution politique à la guerre civile en Syrie, tandis que les frappes aveugles de l’aviation russe alimentent la radicalisation dans le pays et aggravent la crise humanitaire.

Dans un projet de rapport sur la catastrophe humanitaire en Syrie, la sénatrice française Joëlle Garriaud-Maylam estime que le conflit qui sévit depuis six ans dans le pays est « le pire désastre d’origine humaine de ce siècle » ; elle presse les pays occidentaux d’adopter à cet égard une attitude plus énergique. La guerre civile syrienne a fait plus de 400 000 morts et a contraint à l’exil près de 11 millions de personnes.

« L’Europe et l’Amérique du Nord doivent se doter de moyens bien plus considérables pour gérer cette crise à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières, au côté de leurs partenaires internationaux », indique Mme Garriaud-Maylam. « Cela serait logique du point de vue humanitaire, certes, mais aussi de celui de la sécurité. »

Le projet de rapport de Mme Garriaud-Maylam formule plusieurs recommandations, dont une intensification des démarches visant à convaincre la Russie de lutter contre le terrorisme plutôt que de soutenir le régime el-Assad, un surcroît d’efforts pour veiller à une répartition plus équitable de l’aide humanitaire, une aide accrue à la Jordanie et au Liban pour leur permettre de faire face à l’afflux de réfugiés et une meilleure intégration des réfugiés légalement installés sur le territoire des pays occidentaux.

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