Les parlementaires alliés exhortent l’OTAN de faire montre de détermination face aux menées déstabilisatrices de la Russie

28 mai 2017

Tbilissi, le 28 mai 2017 – L’OTAN doit être ferme face à la Russie, qui multiplie les cyberattaques, les campagnes de désinformation, les roulements de mécaniques belliqueux et les actes susceptibles de nuire à l’unité de l’Ouest et à l’architecture de sécurité mondiale. Telle est l’injonction lancée ce dimanche par les membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN réunis pour leur session de printemps.

Dans un projet de rapport présenté à cette session, la députée lituanienne Rasa Juknevičienė écrit :   Moscou met à exécution un plan délibéré et de longue haleine visant à saper l’OTAN et à déstabiliser l’Europe, l’objectif ultime étant de créer sur ce continent une nouvelle architecture de sécurité où la Russie occuperait une place prééminente.

 Si les Alliés ne s’opposent pas aux provocations de la Russie, celles-ci continueront », ajoute Mme Juknevičienė. « [Ils] doivent rester attachés au maintien d’un dispositif de dissuasion solide et appuyer tous les efforts destinés à adapter l’Alliance à un environnement sécuritaire très fluctuant, s’agissant en particulier de la montée en puissance de la cyberguerre, de la désinformation et de la propagande.

La menace émanant de la Russie a été l’un des grands thèmes de la session de l’Assemblée ; celle-ci se tenait quelques jours à peine après le sommet de Bruxelles de l’OTAN, qui a réaffirmé la double tactique de l’Alliance vis-à-vis du Kremlin, à savoir une combinaison de défense forte et d’ouverture au dialogue pour accroître la transparence et réduire les risques.

Intervenant devant l’Assemblée, la sénatrice canadienne Raynell Andreychuk a déclaré :  Ce dont nous parlons en réalité, c’est de capacités et d’état de préparation. L’OTAN doit avoir plus d’un plan en réserve et être prête et apte à relever avec rapidité et efficacité les défis changeants que lui lance la Russie sur le terrain de la sécurité. Dans son projet de rapport, Mme Juknevičienė indique que les relations entre la Russie et l’OTAN sont au plus bas depuis la guerre froide ; elle dénonce l’attitude de ce pays, depuis ses manœuvres d’intimidation nucléaire et ses concentrations de troupes aux frontières orientales de l’Alliance jusqu’à ses campagnes de désinformation destinées à perturber le cours de la démocratie à l’Ouest, en passant par ses attaques contre les partenaires de l’OTAN que sont l’Ukraine et la Géorgie.

Dans un rapport distinct, la députée allemande Ulla Schmidt s’est essentiellement intéressée à la question de la stabilité dans la région de la mer Noire, où, non contente d’avoir annexé la Crimée, la Russie est intervenue en Ukraine orientale et poursuit ses violations de l’intégrité territoriale de la Géorgie.

 La détérioration qu’affiche la sécurité mondiale ces dernières années mine les efforts consacrés au développement de la coopération et de l’identité régionales dans la mer Noire ", écrit Mme Schmidt. « La concentration militaire frôle un niveau dangereux, de multiples conflits sont en souffrance et la Russie a substantiellement augmenté sa présence dans la région. Toujours selon ce projet de rapport, les pays de l’Alliance doivent accorder une priorité plus élevée à la région de la mer Noire et soutenir l’action engagée par l’Ukraine et la Géorgie dans le domaine de la sécurité coopérative, tout en appuyant les initiatives prises par la société civile pour apaiser les tensions et promouvoir la coopération régionale dans des secteurs tels que le développement économique, l’environnement, l’aide aux réfugiés ou la lutte contre la criminalité organisée. Mme Schmidt conclut :  Il faut une stratégie pour transformer la zone de confrontation que constitue aujourd’hui la mer Noire en une zone de coopération. Prenant la parole devant l’Assemblée, le ministre des affaires étrangères de la Géorgie, Mikheil Janelidzé, a fait le point sur les avancées de son pays sur la voie d’un renforcement de la démocratie et d’un rapprochement des institutions occidentales. Il a souligné que la Géorgie souhaitait trouver des solutions pacifiques aux conflits dont la région est le théâtre et que son aspiration à rejoindre l’OTAN n’était en rien dictée par une quelconque volonté de nuire à la Russie.

 Si nous voulons entrer dans l’OTAN, c’est pour garantir notre sécurité, pour exercer notre droit d’État souverain d’appartenir à un monde dont nous partageons les valeurs, et aussi, pour générer de la stabilité et de la sécurité, non seulement à l’intérieur de nos frontières, mais dans la région,A déclaré M. Janelidzé.

L’Assemblée devrait adopter ce lundi une déclaration en faveur de l’intégration de la Géorgie dans la communauté euro-atlantique.

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