Les législateurs dénoncent l’ingérence électorale de la Russie et demandent des défenses renforcées

18 novembre 2018

Halifax (Canada), le 18 novembre 2018 – Les législateurs de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ont dénoncé ce dimanche les diverses tentatives déstabilisation des démocraties occidentales par la Russie, notamment en ciblant les élections, avant de demander à l’Alliance d’agir plus fermement pour se défendre contre ce type de menaces hybrides. 
La Russie continue à mener des cyberattaques et autres attaques informatiques pour s’ingérer dans nos élections et nos référendums a déclaré Susan Davis, membre du Congrès américain. « Comme un virus vicieux, les campagnes de désinformation et les cyberattaques ont exploité nos faiblesses et nos vulnérabilités afin de discréditer nos systèmes démocratiques ».

Réunis à Halifax dans le cadre de la session annuelle de l’AP-OTAN, les législateurs de tous les pays de l’Alliance ont adopté un ensemble de recommandations politiques à l’attention des gouvernements alliés. Ces dernières ont pour objectif de développer la résilience des démocraties occidentales contre l’ingérence électorale et d’autres menaces hybrides.

Les parlementaires ont demandé à l’OTAN d’envisager l’adoption d’un nouveau concept stratégique tenant compte de la menace hybride russe et de communiquer davantage sur le fait que les attaques hybrides peuvent justifier le droit des Alliés à la défense collective.

« Nos sociétés sont capables de résister à la menace hybride russe », a affirmé le parlementaire britannique Lord Jopling. Nous ne devons pas laisser Moscou défier notre vision collective d’une Europe unie, libre et en paix.Les membres de l’AP-OTAN ont voté en faveur d’une résolution présentée par M. Joplin, appelant les Alliés à envisager des sanctions plus ciblées contre la Russie suite à plusieurs attaques hybrides, en particulier l’attaque chimique mortelle menée dans la ville anglaise de Salisbury.

Dans une autre résolution, rédigée cette fois par Mme Davis, il est suggéré que les infrastructures électorales devraient être considérées comme des infrastructures critiques, à l’instar des réseaux de communication ou d’énergie. Cela permettrait d’élargir la collaboration entre les services de sécurité pour protéger les élections contre les cyberattaques. La résolution préconise également de renforcer les partenariats avec le secteur privé concernant l’ingérence électorale sur les réseaux sociaux.

S’exprimant devant l’Assemblée, Graham Brookie, directeur et rédacteur en chef du Laboratoire de recherche inforensique de l’Atlantic Council, s’est dit convaincu qu’agir de façon déterminée suffirait à déjouer les campagnes de désinformation russes.

« Il ne s’agit pas d’une force en train de prendre le contrôle d’internet », a-t-il commenté, « mais bien de quelques personnes assises devant un clavier et pouvant être perpétuellement neutralisées ».