Les gouvernements des pays alliés sont invités à tenir leurs engagements en matière de dépenses de défense

09 octobre 2017

Bucarest, 9 octobre 2017 – L’Assemblée parlementaire de l’OTAN, qui tenait sa session annuelle à Bucarest, a invité, ce lundi, les pays alliés de l’Alliance à continuer, ainsi qu’ils en ont pris l’engagement, à augmenter leur budget de la défense pour contrer efficacement l’agression russe et la menace terroriste, d’une part, et à utiliser leurs ressources financières de manière plus rationnelle en collaborant étroitement avec l’Union européenne, d’autre part.

Dans plusieurs résolutions, les parlementaires de l’OTAN ont souligné combien il était important d’atteindre l’objectif consistant à allouer 2 % du produit intérieur brut aux dépenses de défense et à consacrer un cinquième de ce pourcentage à l’acquisition de nouveaux équipements et à la recherche et développement (R&D).

Le parlementaire letton Ojārs Ēriks Kalniņš a déclaré devant la commission politique de l’AP-OTAN : « Des années d’investissements insuffisants dans la défense ont érodé les forces alliées et imposé la responsabilité de la sécurité et de la défense à un petit nombre de pays de l’Alliance. Cela n’est ni équitable ni tenable. »

M. Kalniņš a poursuivi : « Nous devons en faire plus. La conjoncture sécuritaire internationale exige que nous dépensions plus d’argent pour la défense, certes, mais aussi que nous le dépensions de façon plus intelligente. »

Les parlementaires se sont félicités de l’arrêt des coupes claires dans les budgets militaires des pays de l’Alliance ; ils ont cependant déploré que les États-Unis continuent à investir autant, alors que seuls une demi-douzaine de membres de l’OTAN (qui en compte 29) tiennent leur engagement des 2 %.

La détermination de la Russie à altérer l’ordre sécuritaire européen, dûment réglementé, et à saper la démocratie dans le monde entier par le biais de la désinformation, de même que la série d’attaques terroristes perpétrées dans de grandes villes européennes au cours des deux dernières années, ont montré que l’OTAN devait faire la preuve de la cohésion inébranlable des Alliés.

Si l’Organisation doit demeurer la pierre angulaire de la sécurité en Europe, les parlementaires ont toutefois insisté sur la nécessité et l’importance d’un dispositif de sécurité renforcé pour l’Union européenne, surtout si ce dispositif vient compléter – et non concurrencer – celui que l’Alliance a mis en place pour servir ses intérêts et ses objectifs.

Les parlementaires ont demandé à l’OTAN et à l’Union européenne de travailler conjointement à l’élaboration de capacités militaires communes et à insuffler un nouvel élan à leur coopération dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la cybersécurité et de l’appréhension des menaces que recèle la guerre hybride. Ils ont en outre invité les deux entités à mener ensemble des exercices militaires.

Devant la commission de l’économie et de la sécurité de l’Assemblée, le parlementaire français Jean-Marie Bockel a rappelé qu’il convenait de veiller à un financement adéquat de la R&D, compte tenu de l’intervalle – souvent long de plusieurs décennies – qui sépare la conception d’un projet de sa réalisation.

« Pour cela, il faut restructurer les budgets de la défense. Il est également vital de procéder à des investissements à long terme pour s’assurer que le retard accusé par nos capacités de défense ne devienne pas irrattrapable », a dit M. Bockel, qui a ajouté que l’Union européenne devait être reconnue en tant que protagoniste crucial de la consolidation de la base industrielle militaire de l’Europe.

Les parlementaires ont instamment prié les gouvernements de mieux informer les populations quant à la nécessité d’augmenter les dépenses de défense et au rôle joué par l’OTAN dans leur sécurité. Ils leur ont aussi demandé de concentrer leurs investissements sur l’acquisition de nouvelles capacités plutôt que sur la création d’emplois, ce dernier objectif pouvant être atteint par d’autres moyens.