Les Alliés instamment invités à envoyer des instructeurs auprès des forces armées iraquiennes et à consolider le flanc Sud

27 mai 2018

Varsovie, le 26 mai 2018 – Samedi, les parlementaires de l’OTAN ont instamment invité les pays alliés à envoyer des instructeurs pour soutenir les forces armées de l’Iraq et empêcher ainsi les extrémistes de Daech de reprendre pied dans un pays ravagé par la guerre ; cette mesure s’inscrirait dans le cadre de la lutte de l’Alliance contre le terrorisme émanant du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Lors du sommet qu’ils tiendront à Bruxelles en juillet prochain, les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN devraient dévoiler un programme de formation élargi mobilisant des centaines de personnes. Cet effort supplémentaire devrait contribuer au développement des écoles et académies militaires en Iraq.

Dans un projet de rapport qu’il a consacré à l’instabilité sur le flanc sud de l’Alliance et qu’il a présenté à la session de printemps de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, à Varsovie, le parlementaire Julio Miranda Calha (Portugal) a déclaré devant la commission politique que le programme de formation en Iraq et l’installation dans le sud de l’Italie d’un pôle de surveillance du Moyen-Orient « devaient bénéficier d’un financement suffisant ».

M. Miranda Calha a pressé les parlementaires de soulever la question au sein de [leurs] parlements respectifs et d’inviter [leurs] collègues à voter l’affectation des équipements, du personnel et des ressources financières requis.

Le projet de rapport met en lumière les principaux facteurs d’instabilité en Afrique du Nord, région qui sert de base d’opérations à divers groupes extrémistes.

Il appelle en outre l’attention sur la disette et les événements au Sahel, ainsi que sur le changement climatique et la pauvreté, causes principales de la migration vers l’Europe de milliers de gens en quête d’une existence meilleure. Dans son projet de rapport sur l’OTAN et la protection civile, Jane Cordy (Canada) a invité les Alliés à prendre d’urgence des mesures supplémentaires pour aider à la mise au point de moyens adéquats de recherche et de sauvetage en Méditerranée. Pour sa part, le directeur de Frontex, Fabrice Leggeri, qui s’exprimait devant la commission sur la dimension civile de la sécurité, a insisté sur la nécessité d’une coopération entre secteur civil et secteur militaire ; il a précisé que son agence et l’OTAN cherchaient le moyen de mener conjointement des analyses de risque dans le domaine de la migration et de la sécurité.

M. Leggeri a lancé une mise en garde : le trafic de stupéfiants et d’armes en direction de l’Europe se poursuit via les pays situés à la frontière des Balkans occidentaux. La persistance du trafic transitant par cette région est également évoquée dans un projet de rapport de Raynell Andreychuk (Canada). Cette dernière a pris note des considérables progrès accomplis par certains pays sur la voie de l’intégration dans les institutions euro-atlantiques depuis l’éclatement de la Yougoslavie, dans les années 1990. La sénatrice a toutefois recommandé à l’OTAN et à l’Union européenne de ne pas quitter la région des yeux.

Dans son projet  de rapport, elle observe que les réformes stimulées par la perspective d’un resserrement des liens avec la communauté euro-atlantique ne sauraient être tenues pour acquises : tout vide à la tête d’un Etat pourrait être comblé par des forces antidémocratiques, ce qui aurait des répercussions alarmantes pour la sécurité européenne au sens large. L’OTAN comme l’Union européenne doivent montrer que leur porte reste ouverte, a souligné Mme Andreychuk.

La nécessité de maintenir le cap suivi en Afghanistan, où l’OTAN a pris la direction des opérations internationales de sécurité en 2003, sera débattue dimanche au sein de la commission de défense et de sécurité, à l’occasion de l’examen d’un projet de rapport sur la relation entre sécurité locale et sécurité régionale.

Ce projet de rapport, établi par le parlementaire allemand Wolfgang Hellmich, met en évidence le rôle crucial joué par des pays voisins de l’Afghanistan ; ainsi, les Etats-Unis font pression sur les autorités du Pakistan pour qu’elles renoncent à offrir aux taliban et à d’autres groupes extrémistes un sanctuaire à partir duquel ils peuvent lancer des attaques de l’autre côté de la frontière.