Le renforcement naval de l’OTAN dans l’Atlantique suit son cours, affirment politiciens et experts

17 novembre 2018

Halifax, Canada, 17 novembre 2018 – Les Alliés renforcent actuellement leurs opérations navales dans l’océan Atlantique, symbole de l’unité de l’OTAN, afin de dissuader une Russie de plus en plus audacieuse dont la flotte pose une potentielle menace aux échanges avec l’Europe et aux câbles de télécommunication sous-marins. Tel est le message qu’ont reçu les parlementaires des pays de l’OTAN ce samedi.

Au cours d’interventions dans le cadre de la session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN à Halifax, au Canada, plusieurs experts politiques et militaires ont souligné le rôle de l’Atlantique, à la fois pont entre Alliés, route majeure du transport maritime, et autoroute de l’information et des données. Ils ont également insisté sur le besoin qu’il y a de protéger cet atout naturel.
Porter atteinte au tissu fondamental que représente l’Atlantique est bien plus qu’un acte militaire ; c’est aussi un acte politique. Cela envoie un message de nature stratégique a déclaré James Henry Bergeron, conseiller politique du Commandement maritime allié, aux membres de la commission de la défense et de la sécurité de l’AP-OTAN en référence aux activités russes dans la région.

L’intensification des activités militaires, et notamment navales, de la Russie a poussé l’OTAN à accroître sa structure de commandement pour la première fois depuis la guerre froide. Il y a presque 30 ans, près de 22 000 personnes travaillaient sur 33 commandements. Les effectifs furent ensuite réduits à moins de 7 000 personnes réparties sur sept commandements.

L’OTAN a créé deux nouveaux commandements : l’un, basé à Norfolk, en Virginie, en vue de protéger les voies maritimes acheminant soldats et équipements entre les États-Unis et l’autre côté de l’Atlantique, et l’autre, commandement logistique basé en Allemagne, pour superviser les mouvements de troupes en Europe.

D’après le vice-amiral Andrew L. Lewis, commandant de la deuxième flotte des États-Unis et du commandement des forces interarmées de Norfolk, ce dernier devrait être « entièrement opérationnel et compétent » en 2019. Environ 1 200 personnes travailleront à Norfolk, et autant au centre de logistique d’Europe continentale basé à Ulm, en Allemagne.

M. Lewis a ajouté que James Mattis, secrétaire à la défense des États-Unis, lui avait donné un ordre simple : « préparez-vous au combat pour que nous n’ayons pas à nous battre » afin d’éviter une potentielle guerre mondiale contre la Russie.

Jody Thomas, sous-ministre de la défense nationale du Canada, a déclaré aux législateurs que son pays, hôte de la 64e session annuelle de l’AP-OTAN, était en train de renouveler sa flotte de surface et certains équipements sous-marins et de moderniser ses navires de patrouille et son corps de gardes-côtes. Mme Thomas a ajouté que surveiller le littoral du pays, dont l’Arctique, était un défi d’envergure étant donné la faible population du pays (environ 37 millions d’habitants) pour une superficie presque aussi grande que l’Europe.

« Nous avons trois côtes et un très long littoral à surveiller. C’est pourquoi la mutation de l’Arctique, à savoir la fonte des glaces le rendant à la fois plus accessible et plus dangereux, a poussé le gouvernement à en faire une priorité », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que les pays avaient convenu de ne pas militariser l’Arctique, avant de remarquer toutefois que « l’actuelle augmentation des activités sur place devrait nous préoccuper, qu’il s’agisse de recherche scientifique, d’exploration ou de concentration militaire ».