Le Koweït espère trouver une solution diplomatique aux tensions dans le Golfe

20 novembre 2017

Bruxelles, le 17 novembre 2017 - Des responsables koweïtiens reconnaissent que les tensions se sont dangereusement aggravées dans le Golfe, mais espèrent que les efforts de médiation déployés par l’émir du Koweït réussiront à la longue à calmer la tempête, a appris une délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) durant la visite qu’elle a effectuée au Koweït du 13 au 15 novembre. Le pays, qui entretient des relations constructives avec toutes les puissances de la région, est déterminé à servir d’« intermédiaire désintéressé » et à rétablir l’unité au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG), fragilisé par les dissensions entre le Qatar et trois autres membres du CCG.

Si tous les intervenants ont ressenti la nécessité d’un dialogue pour atténuer les tensions dans la région, plusieurs interlocuteurs locaux et internationaux ont cependant rappelé qu’il faudrait beaucoup de temps et d’énergie pour que la diplomatie puisse porter ses fruits. Outre l’instabilité de la situation dans le Golfe, la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran (qui se manifeste déjà en Syrie et au Yémen) menace de se propager au Liban, a-t-il été indiqué à la délégation. L’on craint que les tensions interconfessionnelles dans les régions MOAN (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et du Golfe ne deviennent plus importantes à mesure que cessent les opérations militaires contre Daech en Syrie et en Iraq.

Le Koweït est également un partenaire de premier plan de la communauté euro-atlantique dans la région, comme en témoigne la récente ouverture du Centre régional OTAN - Initiative de coopération d’Istanbul (ICI) dans la ville de Koweït. Des responsables koweïtiens et des experts ont aussi souligné que les relations entre le Koweït et les pays occidentaux s’appuient sur des valeurs communes et que le pays occupe la première place au niveau régional pour le développement d’institutions démocratiques et la promotion de la liberté d’expression. Des représentants de la société civile koweïtienne ont signalé à la délégation qu’il restait beaucoup à faire en termes d’émancipation politique des femmes et de renforcement de l’état de droit.

Composée de 16 législateurs de neuf pays membres de l’OTAN, la délégation conjointe de l’AP-OTAN (commission sur la dimension civile de la sécurité et sous-commission sur les partenariats de l’OTAN) était emmenée par deux vice-présidents de l’Assemblée, Vitalino Canas (Portugal) et Metin Lütfi Baydar (Turquie). Elle s’est entretenue avec le président du Majles Al-Ommah, M. Marzouq Ali Al-Ghanime, des membres de l’Assemblée nationale, le ministre adjoint des affaires étrangères en charge du Département des organisations internationales, M. Nasser Al-Hayen, ainsi qu’avec de hauts responsables du Bureau de la sécurité nationale du Koweït et du Centre régional OTAN-Koweït de l’ICI. Ont également eu lieu des échanges de vues avec des experts de l’Institut diplomatique Saud Al-Nasser Al-Sabah et des représentants de la société civile.