L’AP-OTAN salue les progrès des pourparlers avec la Corée du Nord mais exprime des doutes sur la conclusion d’un accord

28 mai 2018

Varsovie, le 27 mai 2018 – Dimanche, parlementaires et experts ont salué les progrès accomplis dans les pourparlers sur le nucléaire avec la Corée du Nord, malgré des avis divergents quant à la possibilité de sceller un accord à long terme en vue de dénucléariser la péninsule coréenne.

Au moment où une équipe de négociateurs états-uniens arrivait en Corée du Nord, selon toute vraisemblance pour préparer les pourparlers entre son chef Kim Jong-un et le président américain Donald Trump, des membres de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN examinaient un projet de rapport sur le défi posé à la sécurité par le programme de Pyongyang.

Nous ne pouvons pas oublier la manière d’agir de la Corée du Nord. Nous ne pouvons pas faire abstraction du passéa déclaré le membre du Congrès des États-Unis Gerald Connolly, faisant observer que Pyongyang s’est déjà retiré d’accords par le passé. « Nous devons gérer les attentes ».

M. Connolly, dont le projet de rapport a été débattu à la commission politique de l’AP-OTAN à Varsovie, a mis en garde contre le fait que la décision de M. Trump de sortir de l’accord nucléaire iranien reviendrait à dire que tout pacte avec la Corée du Nord doit être exhaustif, ce qui risque d’être difficile à négocier.
Si nous abolissons l’accord iranien au motif qu’il est inapproprié, en dépit du travail accompli, alors les objectifs fixés pour la Corée du Nord doivent être inconditionnels. C’est donc une dénucléarisation totale qui est viséeLe projet de rapport défend l’idée que même si l’OTAN n’est pas axée sur l’Asie, « la poursuite, par la Corée du Nord, de l’expansion de ses programmes de missiles balistiques intercontinentaux à tête nucléaire représente une menace mondiale qui exige l’engagement de l’OTAN et de ses pays membres ».

À la réunion de la commission des sciences et des technologies, Antoine Bondaz, de la Fondation française pour la recherche stratégique a fait part d’un optimisme prudent après les réunions à haut niveau qui se sont tenues récemment et l’arrêt des essais nucléaires.

Selon lui, la Corée du Nord considère les armes nucléaires comme des outils politiques servant à justifier les grandes ambitions de puissance de Pyongyang et le statut de leader de Kim Jong-un. « Ils font partie de l’identité du régime », a-t-il déclaré.

M. Bondaz a fait observer que l’arrêt actuel des essais arrange la Corée du Nord, qui a besoin de davantage de temps pour adapter son économie aux sanctions actuelles et qui n’est pas pressée de s’en attirer de nouvelles.

En tout état de cause, d’après ce qu’on peut lire dans le projet de rapport de M. Connolly, les sanctions n’ont eu qu’un effet limité compte tenu du relatif isolement économique de la Corée du Nord et de la mise au point, par Pyongyang, de techniques d’évasion comme des sociétés écran, des navires sous pavillon étranger ou des activités criminelles.

En revanche, le chef de la délégation de la Corée du Sud, Soo Hyuck Lee, qui a joué un rôle 
dans les pourparlers sur le nucléaire dans le passé, a dit trouver les tout derniers développements encourageants.
Nous préférons nourrir un optimisme béat plutôt qu’un optimism prudent », a-t-il déclaré en référence à l’exposé de M.Bondaz (Un optimisme prudent devrait prévaloir dans la péninsule coréenne)Selon M. Lee, Trump semble persuadé que Kim Jong-un est davantage préoccupé par sa propre survie que par la survie de son programme d’armement, la principale question étant de savoir sur laquelle des deux il sera prêt à transiger en premier.