L’AP-OTAN demande le maintien des pressions sur la Russie et de nouvelles initiatives de paix en Ukraine

03 juin 2019

Bratislava, le 2 juin 2019 – L’OTAN doit continuer à exercer des pressions militaires et économiques sur la Russie et contribuer à la relance des négociations de Minsk 2, au point mort depuis plus de deux ans, alors que de multiples violations du cessez-le-feu se produisent chaque jour. Telle est la position défendue ce dimanche 2 juin par les parlementaires et les spécialistes qui se sont exprimés dans le contexte de la session de printemps de l’AP-OTAN. 

« La meilleure réponse que l’Alliance puisse opposer aux provocations de la Russie est de rester ferme et de poursuivre le renforcement de ses capacités de défense et de dissuasion sans exacerber les tensions qui imprègnent déjà ses relations avec ce pays », a déclaré la sénatrice Raynell Andreychuk (Canada) aux parlementaires des pays alliés réunis dans la capitale slovaque.

Les rapports entre l’OTAN et la Russie se sont tendus depuis l’annexion par cette dernière, en 2014,  de la péninsule de Crimée, qui fait partie du territoire ukrainien. Pour les Alliés, le Kremlin soutient toujours les séparatistes à l’œuvre en Ukraine orientale et veut saper l’autorité du gouvernement central.

Autre source de frictions : la capture par la Marine russe de trois bâtiments ukrainiens et de 24 hommes de leur équipage à proximité de la mer d’Azov en novembre dernier.

Pour décourager toute agression de la part de la Russie, l’OTAN a déployé des troupes prêtes au combat dans les pays baltes et en Pologne ; par ailleurs, les pays alliés et l’Union européenne recourent à des sanctions pour arriver à convaincre Moscou de respecter la souveraineté de l’Ukraine.

S’adressant à la commission politique de l’Assemblée, Mme Andreychuk a estimé qu’’il convient de renforcer les sanctions si la Russie interfère avec le fonctionnement des gouvernements et des systèmes démocratiques des pays alliés.

Devant la commission sur la dimension civile de la sécurité, Marcel Pesko, ambassadeur de l’OSCE, a dépeint un sombre tableau de la situation dans la région ukrainienne du Donbass. La mission spéciale d’observation de l’OSCE qui est présente sur le terrain a pour tâche de superviser le respect du cessez-le-feu en Ukraine orientale, a précisé M. Pesko, « mais en réalité, nous sommes là pour surveiller les violations dudit cessez-le-feu ».

« Depuis octobre 2016, nous n’avons constaté aucun progrès véritable sur le front politique », a poursuivi M. Pesko. « Nous ne pouvons pas avancer sans dialogue. » L’intervenant a demandé un regain d’efforts de la part des plus hautes sphères.

Spécialistes et parlementaires ont convenu de la nécessité d’une relance de la dynamique politique, cinq ans après les manifestations du Maïdan en faveur d’une intégration européenne.

La sénatrice Jane Cordy (Canada), qui a consacré un rapport à l’évolution de la situation dans le pays, a déclaré : « Cette année est cruciale pour l’Ukraine. Les élections présidentielle et législatives mettront à l’épreuve la stratégie d’intégration euro-atlantique choisie par la population il y a cinq ans de cela. »

« Il est évident que les Ukrainiens sont frustrés et déçus », a poursuivi Mme Cordy, « mais il est tout aussi évident que le pays a opté pour son intégration dans les structures européennes et euro-atlantiques et que ce choix ne changera pas dans un avenir prévisible. » La sénatrice a demandé à la communauté euro-atlantique de ne pas « se désintéresser de l’Ukraine par lassitude » et d’accroître son soutien aux réformes en Ukraine et à l’aptitude du pays à défendre son indépendance.

Les photos de la session appartiennent au domaine public ; elles sont disponibles sur le compte Flickr de l’Assemblée.

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