La situation dans le nord de la Syrie fait débat à l'Assemblée parlementaire de l’OTAN

16 octobre 2019

Londres, le 14 octobre 2019 – Invoquant l’article 4 du Traité de l’Atlantique Nord – instrument fondateur de l’OTAN –, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, qui était réunie à Londres pour sa session annuelle, a demandé instamment par la voix de sa présidente l’ouverture de consultations entre pays alliés sur la situation dans le nord de la Syrie à la suite de l’intervention militaire turque.

Prenant la parole lors de la séance plénière qui concluait la session, Madeleine Moon a déclaré : « Selon moi, cette question aurait dû faire l’objet de consultations exhaustives en application de l’article 4, car il est clair que beaucoup ici craignent pour leur intégrité territoriale, leur indépendance politique et leur sécurité. Il faut espérer que ces consultations commenceront dès maintenant. »

Aux termes de l’article 4 du Traité, les Alliés « se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée ».

Plusieurs membres de l’AP-OTAN se sont dits préoccupés par la situation dans le nord de la Syrie, évoquant plus particulièrement la crainte d’une crise humanitaire, le risque de propagation de l’instabilité au-delà des frontières syriennes et le danger d’un retour en force de Daech, surtout si ses combattants sont en mesure de s’évader de leurs lieux de détention dans la région.

« Cette situation est inacceptable, elle est d’une grande instabilité », a dit Christian Cambon, chef de la délégation française auprès de l’Assemblée. Pour sa part, le chef de la délégation belge, Theo Francken, a demandé que le Conseil de l’Atlantique Nord, organe suprême de l’OTAN, se réunisse d’urgence.
 
Intervenant devant l’Assemblée le dernier jour de la session, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a admis que la Turquie nourrissait « une inquiétude légitime pour sa sécurité », tout en attendant des autorités d’Ankara « qu’elles fassent montre de modération et cordonnent leur action avec d’autres Alliés, de manière que nous puissions conserver notre avantage sur notre ennemi commun, Daech ».

Mme Moon a reconnu, elle aussi, que la Turquie redoutait « depuis longtemps une menace terroriste » émanant de groupes opérant dans la région. Elle a souligné que le dialogue était « la seule façon de régler cette question ».

Le chef de la délégation de la Turquie, Osman Aşkın Bak, a garanti que son pays poursuivrait la lutte contre Daech mais qu’il s’attellerait également à l’élimination d’autres menaces terroristes émanant de Syrie. « La Turquie est toujours disposée à écouter l’avis de ses alliés et à expliquer les raisons légitimes qui lui font craindre pour sa sécurité », a-t-il indiqué.

La séance plénière de lundi constituait le point d’orgue des quatre jours de débats de la session.
 
L’AP-OTAN réunit des parlementaires des 29 pays membres de l’OTAN et de pays partenaires, ainsi que des observateurs et des représentants d’organisations internationales. Elle offre un forum indispensable aux échanges de vues sur les questions de sécurité entre l’Alliance et les parlements des pays membres et assure ainsi un lien avec les citoyens de la zone euro-atlantique.