La Norvège continuera à « représenter l’OTAN dans le Nord »

14 mai 2018

Oslo, Bodø, Evenes (Norvège), le 10 mai 2018 – Selon de hauts responsables gouvernementaux et militaires norvégiens, le regain d’activité des forces russes dans le Grand Nord requiert une consolidation du flanc Nord de l’OTAN. Tel est le message transmis à une délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui s’est rendue en Norvège du 7 au 9 mai.

Selon le ministre de la défense de ce pays, Frank Bakke Jensen, cela suppose la mise sur pied d’un nouveau commandement atlantique de l’OTAN, le déploiement de moyens norvégiens supplémentaires dans le Grand Nord, un état de préparation pour appuyer les moyens alliés sur le territoire national et une connaissance de la situation accrus, une réduction des temps de réaction ainsi que la création d’un « Schengen militaire » à l’échelle de l’Alliance tout entière.

L’exercice Trident Juncture de l’OTAN, qui doit se tenir cette année en Norvège, est une réaffirmation de l’attachement de l’Alliance à la défense collective de la région.

Parallèlement, la Norvège cherche à entretenir un dialogue constructif avec son voisin russe et à mener avec lui une coopération pratique dans des domaines moins politiquement sensibles, tels que la recherche et le sauvetage (SAR), les lieux de pêche et les contacts transfrontaliers entre personnes. Selon les interlocuteurs norvégiens de la délégation, la présence de l’OTAN dans l’Arctique doit être empreinte de circonspection et placée sous la conduite des pays de l’Alliance situés dans cette partie du monde. « La Norvège est l’OTAN dans le Grand Nord », a dit M. Bakke Jensen.

Pendant cette visite de trois jours, la délégation a eu l’occasion d’entendre des exposés sur les réalisations majeures de la Norvège dans les secteurs de la science et de la technologie et sur la contribution du pays aux efforts consentis par l’OTAN pour conserver un avantage technologique à l’heure de la mondialisation.

La délégation de l’Assemblée a également discuté du rapport qui existe dans le Grand Nord entre la sécurité et l’environnement, lequel subit une mutation rapide. Selon les prévisions, les températures dans la région devraient augmenter de façon inquiétante (+ 4° C) au fil des 30 prochaines années. Dans l’Arctique, cette hausse devrait être deux fois plus importante. Les spécialistes norvégiens sont toutefois convaincus qu’en tenant scrupuleusement les promesses de l’Accord de Paris, la communauté internationale pourra stabiliser les températures arctiques dans le courant de la seconde moitié du siècle.

La délégation a été informée de la stratégie de la Norvège en matière de lutte antiterroriste, de prévention de l’extrémisme violent, de cyberdéfense et d’aide humanitaire. À Bodø et à Evenes, elle s’est rendue dans des installations militaires et a visité les services de SAR.

La délégation se composait de trente parlementaires de 17 pays membres de l’Alliance. Deux sous-commissions de l’Assemblée étaient représentées : la sous-commission sur la gouvernance démocratique, présidée par Vitalino Canas (Portugal), et la sous-commission sur les tendances technologiques et la sécurité, présidée par Hannes Henso (Estonie), président de la commission de la défense nationale du parlement d’Estonie.