La ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, discute des priorités en matière de défense et de sécurité avec une délégation de l'AP-OTAN

08 avril 2019

Bruxelles, 9 avril 2019 - L'Allemagne reste déterminée à défendre les valeurs fondamentales de l'Alliance atlantique, y compris la démocratie, l'État de droit ainsi que les droits et la dignité des individus, a assuré la ministre allemande de la défense Ursula von der Leyen à une délégation de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN lors d'une récente visite en Allemagne.  Tout en soulignant que l'Allemagne continue d'accroître ses investissements militaires en vue de respecter la promesse d'investissement faite au pays de Galles (qui stipule que chaque Allié doit consacrer 2% de son PIB à la défense d'ici 2024), elle a également noté que des ressources supplémentaires seront toutefois nécessaires.


Lors d'une réunion avec des parlementaires de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, Mme von der Leyen, a souligné les difficultés à atteindre cet objectif. Les dépenses de défense de l'Allemagne, a-t-elle dit, ont chuté jusqu'à 1,1% du PIB après la chute du mur de Berlin et n'ont commencé à augmenter que lorsque la situation sécuritaire en Europe a commencé à se détériorer. Les dirigeants allemands reconnaissent que les dépenses militaires doivent augmenter, mais les progrès sur ce front ont été compliqués par plusieurs facteurs. Notamment, lorsqu'une économie connaît une croissance rapide [et donc que son PIB augmente], il est difficile de fixer le niveau de dépense requis, car celui-ci fluctue en permanence. 


La ministre de la défense a déclaré aux membres de la sous-commission sur les partenariats de l'OTAN et de la sous-commission sur les relations économiques transatlantiques que l'Europe doit faire des efforts pour réduire la fragmentation des forces armées européennes.  C'est précisément la raison pour laquelle l'Union européenne plaide pour un " développement plus homogène " de ses forces armées par le biais de l'Union européenne de défense et de la coopération structurée permanente (CSP), au travers de laquelle 25 des 28 forces armées nationales de l'UE visent un niveau plus élevé d'intégration structurelle. Elle a ajouté que l'Union consacre des ressources financières importantes à ces projets afin d'inciter les armées nationales à se développer ensemble pour rendre ces forces collectivement plus conséquentes et rentables.  Elle a néanmoins souligné qu'une plus grande coopération entre les pays membres de l'UE ne doit pas se faire au détriment de l'OTAN. La ministre a également fait remarquer que l'Allemagne est le deuxième plus important contributeur de troupes aux missions de l'OTAN. 


La Russie a été un autre thème important des discussions au cours de la visite. Les responsables allemands ont dénoncé le comportement agressif de la Russie envers ses alliés et partenaires, et notamment envers l'Ukraine.  Comme les dirigeants russes semblent très déterminés à rétablir une certaine projection de leur puissance, il semble peu probable qu'ils revoient leurs politiques actuelles en Ukraine et en Syrie. Néanmoins, cela ne devrait pas empêcher l'Occident de mener un dialogue avec la Russie sur ces questions d'intérêt mutuel. C'est pourquoi l'Allemagne continue de participer à des discussions bilatérales avec les responsables russes et soutient les contacts entre militaires, y compris ceux entre ceux de l'OTAN et les officiers russes, a-t-on informé la délégation.


L'Allemagne a également soutenu les sanctions de l'UE à l'encontre de la Russie et estime qu'elles devraient rester liées aux progrès réalisés dans la mise en œuvre du processus de Minsk en Ukraine. Comme l'a souligné M. Michael Siebert, directeur pour l'Europe de l'Est au ministère allemand des affaires étrangères, en ce qui concerne le comportement de la Russie, les sanctions servent d’instrument politique et doivent être liées à un objectif également politique. Pour obtenir un résultat, elles doivent être ciblées, proportionnées et calibrées de manière à encourager un changement de comportement. Les responsables allemands se sont dits préoccupés par le fait que certaines des sanctions américaines semblent moins claires dans leurs objectifs et ne parviennent pas à fournir une feuille de route explicite quant au but recherché. Dans plusieurs cas, les sanctions américaines font plus de tort aux entreprises européennes qu'aux intérêts russes et, par principe, l'Allemagne, comme de nombreux autres gouvernements européens, estime que les sanctions secondaires sont inacceptables. M. Siebert a exhorté les membres à se pencher sur cette question. Il est à noter que Christian Tybring-Gjedde, rapporteur général de la commission de l'économie et de la sécurité, élabore actuellement un projet de rapport sur ces questions qui sera présenté lors de la session annuelle de printemps de l'AP-OTAN qui se tiendra en Slovaquie du 31 mai au 3 juin.
La délégation s'est également rendue au Commandement de l'Afrique des États-Unis (AFRICOM) à Stuttgart pour discuter de la sécurité et de la stabilité en Afrique. 


Bien que l'AFRICOM soit le centre de commandement des opérations militaires américaines, il engage également un certain nombre d'officiers de liaison européens pour s'assurer que le commandement est bien au fait du travail des autres forces de sécurité opérant dans la région et est en mesure de partager ses expériences avec les pays alliés et partenaires. 


L’AFRICOM s'efforce d'aider les pays partenaires africains à renforcer leurs capacités, à contrer une série de menaces et à réagir aux crises.  Ses partenaires sur le continent sont notamment l'Union africaine, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA), la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) et les Nations unies. Cette année, le rapporteur général de la commission politique de l'AP OTAN, Julio Miranda Calha, publiera un rapport sur la sécurité et la stabilité en Afrique. Les exposés présentés par de hauts responsables américains d'AFRICOM ont mis l'accent sur les facteurs à l'origine de l'instabilité en Afrique et sur les implications de cette instabilité pour la sécurité sur le flanc sud de l'OTAN.  Outre la menace posée par les groupes extrémistes violents, les questions économiques, la mauvaise gouvernance et les migrations étaient au premier plan des discussions à l’AFRICOM. Vous pouvez lire ici le communiqué de presse.

La délégation de l'AP OTAN était conduite par Miro Kovac, député croate et président de la sous-commission sur les partenariats de l'OTAN, et Jean Luc Reitzer, député français et vice-président de la sous-commission sur les relations économiques transatlantiques. En plus de rencontrer de hauts responsables gouvernementaux et militaires, elle a également tenu  des réunions avec la Fédération des industries allemandes (BDI), l'Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité. Les membres ont également eu l’opportunité de visiter deux grandes entreprises allemandes :  SAP à Walldorf et Audi à Neckarsulm. La visite a eu lieu du 18 au 21 mars 2019.

Les photos de la visite sont publiées sur Flickr.