Intensifier la coopération avec l’Afrique dans le domaine de la sécurité

14 octobre 2019

Londres, le 13 octobre 2019 – Hier, l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, qui tient sa session annuelle dans la capitale britannique, a débattu la nécessité pour les gouvernements des pays de l’Alliance d’intensifier la coopération avec l’Afrique dans le domaine de la sécurité grâce, entre autres, à un meilleur partage des données du renseignement, à des programmes de formation et à l’élaboration de stratégies antiterroristes.

« Pour bien protéger ceux de ses membres qui se trouvent sur son flanc Sud, l’Alliance doit impérativement être mieux informée de l’évolution de la situation sécuritaire en Afrique subsaharienne », a dit Julio Miranda Calha (Portugal), auteur d’un projet de résolution consacré aux problèmes de sécurité et destiné à être soumis à l’approbation de l’Assemblée.

« Nous devons également envisager d’autres mesures propres à consolider la stabilité sur le flanc Sud de l’OTAN ; l’Organisation doit s’engager de façon mieux appropriée sur le continent africain et j’ai le sentiment que les Alliés en sont de plus en plus conscients », a ajouté M. Miranda Calha.

Le projet de résolution presse les gouvernements alliés d’améliorer leurs capacités de détection lointaine pour surveiller les foyers d’instabilité et d’insécurité en Afrique en instaurant un partage plus efficace des données du renseignement entre l’OTAN et ses partenaires au sein du Pôle pour le Sud que l’Alliance vient d’installer à Naples.

Le projet demande en outre à l’OTAN de s’occuper de construction de capacités en organisant des échanges d’informations et des activités de formation afin d’aider les pays du Sahel à contrer l’action des groupes terroristes qui opèrent dans la région, et il recommande aux Alliés de réfléchir à la possibilité pour l’OTAN et l’Union européenne de concevoir conjointement une stratégie de stabilisation de l’Afrique et du Moyen-Orient.

Le projet suggère aussi d’inviter les États africains à rejoindre le Partenariat pour la paix, un programme mis sur pied par l’OTAN dans les années 1990 pour resserrer les liens politiques et militaires avec les pays de l’espace euro-atlantique.

Durant cette session de quatre jours, les travaux de l’Assemblée ont eu pour thèmes divers problèmes humanitaires et sécuritaires concernant l’Afrique, parmi lesquels les répercussions des afflux soudains de migrants et de réfugiés déclenchés par les conflits dont le continent africain est le théâtre, ou encore le risque de voir le changement climatique aggraver lesdits conflits et intensifier les déplacements forcés de populations.

Selon un rapport de Lord Jopling (Royaume-Uni) sur la sécurité aux frontières, tous les pays euro-atlantiques doivent réaffirmer leur attachement au protocole des Nations unies sur l’octroi de l’asile aux personnes réellement menacées de persécution. « La sécurité nationale et une politique bien conçue du droit d’asile doivent être considérées comme des éléments qui se renforcent – plutôt qu’ils ne s’excluent – mutuellement », a indiqué le rapporteur.

Si la sécurité aux frontières reste essentiellement une prérogative nationale, Lord Jopling n’en affirme pas moins « qu’une action collective à laquelle l’OTAN serait partie prenante doit être envisagée en cas de crises dans le contexte desquelles des moyens militaires – tels que des systèmes de surveillance – pourraient se révéler très utiles ».

Sanj Srikanthan, premier vice-président pour l’Europe de l’International Rescue Committee, a invité instamment l’Europe à mieux assumer sa part des responsabilités en matière de protection des réfugiés, faisant observer que la majorité de ces derniers étaient accueillis dans des pays pauvres.

Il a rappelé que les mêmes pays étaient particulièrement exposés aux effets adverses du changement climatique. « Compte tenu de cela, l’afflux – parfois incontrôlé – de migrants en Europe se poursuivra vraisemblablement », a-t-il indiqué.

Des intervenants ont souligné le lien à long terme unissant le développement et la sécurité, de même que le rôle majeur de la politique de développement dans la stabilisation des pays les plus pauvres. « Cela concerne au premier chef la sécurité mondiale, car pauvreté et conflits vont de pair », a précisé Sir Hugh Bayley, commissaire auprès de l’Independent Commission for Aid Impact et ancien président de l’AP-OTAN. « Ce sont surtout les pays les plus pauvres, et singulièrement ceux du continent africain, qui sont menacés par les guerres. »

Signe de rapprochement, une délégation du Parlement panafricain, organe législatif de l’Union africaine, assistait pour la première fois à une session de l’Assemblée.

 


Les photos de cette session appartiennent au domaine public et peuvent être consultées sur le compte Flickr de l'AP-OTAN.