Intelligence artificielle, mégadonnées, internet des objets, robotique : nos sociétés doivent se préparer à l’avenir

22 novembre 2017

Allemagne/Bruxelles, 21 novembre 2017 – « Nous voulons mettre au point des ordinateurs dotés d’yeux, d’oreilles et de bon sens », a déclaré Christoph Lüth, du Centre de recherche allemand sur l’intelligence artificielle (DFKI), devant une délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN.
 
« Aujourd’hui, l’être humain indique aux systèmes ce qu’ils doivent faire. Dans l’avenir, ce sera l’inverse. » Telle est la prédiction de Holger Kohl, de l’Institut Fraunhofer pour les systèmes de production et les techniques de construction. Les systèmes cyber-physiques, souvent désignés sous l’appellation « internet des objets », réunissent les mondes matériel et virtuel ; ils seront capables d’adaptation, autonomes, mobiles et coopératifs. L’intelligence artificielle, l’analytique des mégadonnées et la robotique jouent un rôle essentiel dans la création de tels systèmes.
 
Quinze jours après que les autorités de Ryad eurent accordé la nationalité saoudienne au robot humanoïde Sophia, treize parlementaires de huit pays alliés et de deux pays partenaires – la Géorgie et la Serbie – ont séjourné une semaine en Allemagne pour s’intéresser de plus près aux technologies civiles et militaires futures, ainsi qu’aux possibilités et aux dangers qui leur sont inhérents. La délégation était conduite par Jean-Christophe Lagarde (France), vice-président de la sous-commission sur les tendances technologiques et la sécurité de la commission des sciences et des technologies de l’Assemblée.
 
« L’innovation ne se résume pas à la seule recherche », a rappelé Herbert Zeisel, du ministère fédéral de l’Education et de la Recherche. Pour canaliser ses efforts en la matière, le gouvernement allemand a donc mis en chantier des « projets phares » dans neuf secteurs technologiques. Ces projets rassemblent toutes les parties prenantes, gouvernementales ou non. En visitant à Berlin, Magdebourg et Brême les sièges de divers groupes industriels ou organisations voués à la recherche et à la technologie, la délégation a pu en apprendre davantage sur trois de ces projets consacrés, respectivement, à Industrie 4.0 (nom allemand de la prochaine révolution industrielle), aux véhicules électriques et à la sécurité informatique.
 
Pour déceler les lacunes capacitaires et discerner les tendances technologiques en gestation, le ministère fédéral de la défense collabore avec le groupe Fraunhofer pour la défense et la sécurité, a précisé Ralf Schnurr, un représentant du ministère en question. Pendant la visite, la délégation a recueilli des informations sur deux secteurs intéressant plus spécialement le ministère, à savoir les mégadonnées et les infrastructures spatiales.
 
À Berlin, dans les bâtiments que partagent le Forum Smart Data et le Centre d’innovation pour les techniques d’imagerie immersive, la délégation a eu l’occasion d’observer des démonstrateurs technologiques dans des domaines comme la gestion des crises, l’énergie, la santé et la mobilité. Conscients des questions de protection de la vie privée soulevées par ces technologies, les parlementaires ont longuement discuté de sécurité et de souveraineté des données, autrement dit, de la manière de veiller à la sécurité des données et à la maîtrise de celles-ci par les utilisateurs.
 
À Brême, « ville de l’espace », OHB-System et Airbus ont informé la délégation des tout derniers progrès accomplis dans la technologie spatiale et des prochaines étapes à franchir. « L’espace est présent dans notre infrastructure quotidienne », a souligné Fritz Merkle, du conseil d’administration d’OHB. Sécurité, croissance économique, navigation : toutes sont tributaires des moyens basés dans l’espace. À mesure que l’espace acquiert un caractère de plus en plus vital pour les forces armées, « les infrastructures spatiales doivent être protégées », a ajouté Jörg Plaß, d’Airbus Security & Defence Space Programs Germany. La discussion s’est approfondie durant les visites des installations de production d’OHB et d’Airbus, de même que dans les locaux brêmois du DFKI , qui s’occupe essentiellement de systèmes robotiques destinés à l’exploration des planètes et des lunes du système solaire.
 
Parmi les autres sujets abordés durant la visite figuraient l’évolution des politiques de cyberdéfense de l’Allemagne, la diplomatie climatique, la transition énergétique et le programme de l’Airbus A400M.
 
Un rapport détaillé de la visite sera disponible ultérieurement.