Incidences immédiates et à long terme du sommet de Bruxelles de l’OTAN

12 juillet 2018

Bruxelles, 10 juillet 2018 – Le sommet que les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN tiennent à Bruxelles les 11 et 12 juillet constitue l’apogée d’un processus entamé au sommet du Pays de Galles, en 2014.

Cette année-là, l’OTAN avait dû réagir à l’annexion de la Crimée par la Russie et à la menace que faisaient planer des organisations comme Daech en Iraq, en Syrie et ailleurs. Cette situation l’avait contrainte à apporter des changements indispensables pour atteindre ses objectifs en matière de capacités militaires et de dépenses de défense, d’une part, et pour concevoir une stratégie globale propre à parer aux périls émanant de l’Est et du Sud, d’autre part. En 2016, le sommet de Varsovie avait poursuivi dans cette voie en approuvant la création de quatre groupes de bataille affectés à une mission de dissuasion dans les pays baltes et en approfondissant ses partenariats de sécurité dans l’ensemble du Proche-Orient.

En dépit des difficultés que connaissent actuellement les relations transatlantiques, le Sommet de Bruxelles devrait marquer le franchissement d’une nouvelle étape : amélioration des moyens de renforcement rapide et de mobilité susceptibles de se révéler utiles tout à la fois sur les flancs Est et Sud de l’Alliance, insistance auprès des Alliés sur les objectifs primordiaux concernant les dépenses de défense – objectifs définis au Pays de Galles comme à Varsovie –, refonte de la structure de commandement, resserrement des relations avec l’Union européenne dans des secteurs comme la parade aux cyberattaques, confirmation du maintien de la politique de la porte ouverte, projection de stabilité, lutte contre le terrorisme en coopération avec divers pays partenaires et, ce qui est peut-être le plus important, consolidation du lien transatlantique.

Tel est le principal message qui s’est dégagé de la conférence spéciale convoquée par l’Assemblée parlementaire de l’OTAN et intitulée « À l’approche du sommet de Bruxelles 2018 ». Des parlementaires de 19 pays alliés ont ainsi rencontré plusieurs ministres et de hauts responsables de l’Organisation – Frank Bakke-Jensen, ministre de la Défense de la Norvège, Sven Mikser, ministre des Affaires étrangères de l’Estonie, Michael Murphy, assistant du vice-secrétaire d’État des États-Unis pour les affaires européennes et eurasiatiques, Rose Gottemoeller, secrétaire générale déléguée de l’OTAN et le général de corps d’armée Jan Broeks, directeur général de l’État-major international de l’OTAN –, qui ont successivement pris la parole.

Ces personnalités, mais aussi des analystes américains et européens, ont fait part de leurs ambitions pour le sommet, de leurs attentes quant au prolongement qui lui serait donné et des défis que risquaient d’engendrer pour l’Alliance les tendances auxquelles les gouvernements et les sociétés de certains pays alliés se voyaient confrontés, dont la montée des sentiments protectionnistes et nationalistes. Plusieurs intervenants se sont dits préoccupés par ces tensions politiques et n’ont pas écarté la possibilité de voir celles-ci se répercuter sur la coopération transatlantique. La conférence spéciale se tenait à Bruxelles et était soumise aux règles de Chatham House.

Les participants se sont également penchés sur le grave problème de sécurité que posent les provocations de la Russie. L’OTAN met tout en œuvre pour contrer celles-ci et pour dissuader Moscou d’envisager une agression militaire. Elle s’emploie également à faire pièce aux menaces hybrides, parmi lesquelles les cyberattaques et l’ingérence dans la politique intérieure, tout en restant ouverte au dialogue lorsqu’il peut déboucher sur une coopération bénéfique aux deux parties.