Il y aura un avant et un après Covid dans les relations avec la Chine

15 juillet 2020

La vidéo de la réunion se trouve en bas de page


La crise actuelle de la Covid-19 met en évidence la nécessité pour les démocraties occidentales de mieux aligner leurs positions concernant la Chine. Telle était l’une des principales conclusions ressortie de la réunion en ligne de la commission politique (PC) organisée ce mercredi 15 juillet à l’intention de législateurs d’Europe et d’Amérique du Nord, sous la présidence de Lord Campbell of Pittenweem (Royaume-Uni). À l’issue de cette crise en effet, le paysage géopolitique mondial pourrait se révéler encore plus compétitif et se caractériser par une montée en puissance de la Chine. Aussi, l’OTAN devrait elle prendre des mesures urgentes pour accélérer son adaptation à ce nouvel environnement et renforcer les éléments spécifiques qui font d’elle une alliance politico militaire incomparable, fondée sur des valeurs libérales. 

Au cours de la pandémie, Pékin a continué à étendre son influence mondiale, notamment en pratiquant une politique de la corde raide au niveau régional, en intensifiant sa diplomatie du « loup combattant » et en menant des campagnes de cyberpiratage et de propagande dans les pays alliés et partenaires, a déclaré le membre du Congrès américain Gerald E. Connolly, en présentant son projet de rapport général de la commission politique sur La montée en puissance de la Chine : implications pour la sécurité mondiale et euro-atlantique

Il a averti que la montée fulgurante de la Chine était particulièrement inquiétante notamment parce qu’il s’agit d’une dictature, où le régime prive ses citoyens de leurs droits démocratiques, opprime les minorités ethniques, écrase la démocratie à Hong Kong et vise à perturber l’ordre mondial libéral.

Selon le projet de rapport de M. Connolly, « l’OTAN ne doit pas se contenter d’en prendre acte : elle doit se doter des moyens de surveiller les menaces qui émanent de ce pays, d’y parer et, au besoin, d’intervenir pour y faire pièce ».

Les parlementaires alliés ont également discuté de la réponse de l’OTAN face à la pandémie. Le président de la commission, Lord Campbell, a présenté un projet de rapport spécial portant sur la Covid-19 et la sécurité transatlantique dans lequel il affirme que l’Alliance agit dans un esprit de solidarité et mobilise ses ressources pour aider les membres et les partenaires les plus durement touchés, tout en maintenant des niveaux de préparation adéquats permettant d’exécuter les missions essentielles de l’OTAN en matière de défense et de dissuasion. 

Lord Campbell a exhorté les parlementaires de l’OTAN à jouer leur rôle en tant que législateurs nationaux pour garantir des niveaux adéquats de dépenses de défense, conformément à l’engagement pris lors du sommet du pays de Galles en 2014. « L’environnement de sécurité international post-Covid pourrait se révéler encore plus hostile », a-t-il averti.

Il a également incité les membres de l’OTAN à se montrer prudents et à coordonner leurs positions vis à vis des investissements de tiers dans les infrastructures stratégiques. Dans ce domaine, la coopération de l’OTAN avec l’UE sera cruciale.

Lord Campbell a conclu en notant que, malgré leur propagande agressive, les régimes autoritaires avaient plutôt mal géré l’épidémie. « Les systèmes démocratiques ont la possibilité de sortir renforcés de la crise, mais cela exige la poursuite d’initiatives responsables et fondées sur la science de la part des gouvernements, ainsi qu’une solidarité et une meilleure communication », a-t-il enfin souligné.