Entrée en fonction du nouveau trésorier de l'AP-OTAN, Wolfgang Hellmich

01 avril 2020

Wolfgang Hellmich (Allemagne) a pris aujourd'hui ses fonctions de trésorier de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN (AP-OTAN), succédant ainsi au trésorier faisant fonction Osman Askin Bak (Turquie). M. Hellmich a été élu à ce poste lors de la session annuelle à Londres, au Royaume-Uni, en octobre dernier. Son mandat court jusqu'au 31 mars 2022. 

Membre de l'AP-OTAN depuis 2014, M. Hellmich se réjouit de continuer à contribuer aux travaux de l'Assemblée dans ce nouveau rôle : 

« L'année dernière, nous avons célébré le 70e anniversaire de l'OTAN, l'alliance la plus réussie de l'histoire récente en matière de défense et celle qui reste notre plus importante garante de la paix, de la prospérité et de la stabilité sur le continent européen. L'AP-OTAN est une interlocutrice importante car elle représente les parlements des États membres et démontre donc très clairement que l'OTAN n'est pas seulement une alliance qui permet d’assurer une sécurité mutuelle, mais aussi une alliance de valeurs qui sont partagées par tous ».

M. Hellmich est membre du Bundestag allemand depuis juin 2012. Il fait partie de la commission de la défense, qu'il préside depuis mai 2015. Au cours de mandats précédents, il a également été membre suppléant de la commission de l'alimentation, de l'agriculture et de la protection des consommateurs et de la commission de la santé. 

Au sein de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, M. Hellmich est également membre de la commission de la défense et de la sécurité et a été rapporteur spécial de cette même commission de 2015 à 2018. Les rapports spéciaux qu'il a établis pour la commission sont disponibles ici

Entretien avec M. Hellmich :

1.    How is your membership in the NATO Parliamentary Assembly important to your parliamentary work in Germany?

Selon notre constitution, le Bundestag dispose de pouvoirs de décision fondamentaux sur l'équipement et le déploiement de la Bundeswehr, l'armée allemande. Selon notre conception, la mise à disposition de forces militaires ne doit pas relever uniquement de l'exécutif, c'est-à-dire du gouvernement, mais doit être effectuée en coopération avec les parlements. C'est la position que les délégués allemands défendent à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN. D'autre part, en tant que délégués, nous faisons régulièrement rapport sur le travail de l'AP-OTAN dans les commissions compétentes du Bundestag allemand. Les rapports qui sont adoptés à l'Assemblée constituent une base d'information et de travail importante dans les commissions du Bundestag. Et il est particulièrement important de connaître l'état des débats dans les parlements des États membres de l'OTAN par le biais de l'Assemblée.

2.    En tant que président de la commission de la défense du Bundestag allemand, quelles sont vos priorités pour poursuivre le renforcement de l'OTAN ?

L'OTAN est confrontée à des défis majeurs. D'une part, les capacités militaires doivent davantage être renforcées et développées face aux nouvelles menaces telles que la guerre hybride, les technologies modernes, les conséquences du changement climatique ou les pandémies actuelles. D'autre part, il faut vraiment examiner comment renforcer la souveraineté européenne en tant que pilier important de l'Alliance transatlantique. Avant tout, l'unité politique de l'OTAN, fondée sur ses valeurs et ses fondements communs, doit être renforcée, y compris dans un contexte en concurrence avec des États autoritaires et non démocratiques. À cet égard, je compte sur le prochain processus de réflexion, - qui ne pourra aboutir que grâce à la participation active de l'Assemblée parlementaire -, pour prendre des mesures importantes en vue de renforcer l'OTAN.

3.    De 2016 à 2018, vous étiez rapporteur spécial de l'AP-OTAN sur l'Afghanistan. Comment évaluez-vous la situation actuelle en Afghanistan et quelle est la voie à suivre pour parvenir à un accord de paix durable ? 

Il s’agit d’une question à laquelle il n'est pas facile de répondre. La situation politique intérieure de l'Afghanistan après les élections est trouble et instable ; le retrait partiel des États-Unis soulève la question du retrait des forces des pays alliés et de l'OTAN ; et les attentes de larges pans de la société afghane qu'ils ne seront pas laissés livrés à eux mêmes pour défendre les progrès qu'ils ont réalisés sont plus que justifiés. Aussi, parce qu'ils ont compris que l'affirmation in together, out together est prise au sérieux. Sur la voie d'un accord de paix qui doit être conclu entre le gouvernement afghan et les talibans, les étapes suivantes sont importantes à mes yeux :

  • Il doit être clair pour toutes les parties concernées que le conflit ne pourra être gagné militairement par l'une ou l'autre des parties. Dès lors, les Alliés doivent déployer leurs forces en conséquence.
  • Le rôle important tenu par la Norvège, l'Allemagne et le Qatar en tant que médiateurs dans le processus doit être activement soutenu par l'OTAN.
  • Il est nécessaire d’inclure les États voisins qui sont actifs en Afghanistan, malgré des intérêts très divergents.
  • Le développement du processus d'édification de la nation, y compris la stabilisation de la démocratie, la garantie des libertés, la lutte contre la corruption, le développement de systèmes éducatif et de santé et la lutte contre la production de stupéfiants, doit être poursuivi de manière cohérente et coordonnée.

Et il est certain que certains éléments de détails à ce sujet font toujours défaut. Mais ce qui prime, c'est que nous ne devons pas renoncer à l'Afghanistan

4.    Quels seront vos principes directeurs en tant que trésorier de l'AP-OTAN ?

Bien sûr, la première tâche d’un trésorier est d'assurer l'équilibre des recettes et des dépenses, à savoir, la stabilité financière. Financer les missions politiques de l'AP-OTAN ainsi qu’assurer une sécurité sociale et moderniser les méthodes de travail des employés de l'AP OTAN sont au premier plan. 

La priorité sera donnée aux séminaires et aux conférences, qui constituent des lieux d’échanges entre parlementaires - en particulier pour les délégués et les jeunes parlementaires de pays qui n’expérimentent pas nécessairement le partenariat transatlantique au niveau de l'OTAN dans leur vie parlementaire au quotidien. Par ailleurs, équiper judicieusement l‘environnement de travail sur le plan technologique permettra des formes de travail plus assistées numériquement, et cela doit également être pris en compte dans le budget.

En bref, je me réjouis de remplir mes fonctions de trésorier, de travailler avec les parlementaires et les délégations des pays membres de l'OTAN, avec tout le personnel du secrétariat basé à Bruxelles et avec tous ceux qui aspirent à contribuer à plus de paix dans le monde grâce à l'OTAN.


Traduction de courtoisie. Veuillez trouver l'interview en allemand ici.