Discours du président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Paolo Alli, au Sommet de l’OTAN de Bruxelles

20 juillet 2018

Bruxelles, le 11 juillet 2018 – Le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Paolo Alli (Italie), a pris la parole aujourd’hui au sommet que les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN tenaient dans la capitale belge. Il a déclaré que l’Assemblée « considère depuis longtemps qu’un partage des charges inéquitable est une menace pour la cohésion alliée » et il a pressé « parlements et gouvernements de combler l’écart qui sépare les deux rives de l’Atlantique sur le triple plan des dépenses, des capacités et des opérations ». Par ailleurs, a indiqué M. Alli, l’Assemblée préconise vivement d’inviter l’ex-République yougoslave de Macédoine* à entamer des négociations en vue de son adhésion à l’OTAN et elle prend acte des progrès accomplis par d’autres pays candidats, dont la Géorgie. Pour conclure, M. Alli a promis que l’Assemblée continuerait à œuvrer en partenariat avec les gouvernements alliés à la gestion des problèmes critiques qui se posent en matière de sécurité.

L’Assemblée parlementaire de l’OTAN a une confiance indéfectible en la cohésion de l’OTAN, l’alliance politico-militaire la plus puissante qui soit. Elle approuve pleinement la détermination sans faille de son secrétaire général, Jens Stoltenberg, et la conduite que vous-mêmes imprimez à l’Organisation.

La diplomatie parlementaire gagne du terrain. Nous sommes en contact avec un réseau toujours plus étendu de parlements nationaux, d’autres assemblées ou institutions multilatérales et partout, de l’Extrême-Orient à l’Asie centrale, du monde arabe à l’Afrique, nous constatons un intérêt grandissant pour l’OTAN en tant que source de stabilité et que partenaire dans le domaine de la sécurité.

En revanche, la Fédération de Russie occupe toujours une partie des territoires de ses voisins, investit massivement dans ses forces armées et cherche à saper nos institutions démocratiques. Nous adhérons sans réserve à la double tactique adoptée vis-à-vis de Moscou : le dialogue n’est possible que moyennant un renforcement de notre présence dissuasive à l’Est.

En Iraq et en Syrie, Daech est mis en déroute, mais le terrorisme n’est pas mort : il réapparaîtra sous des formes aussi nouvelles qu’imprévisibles. Nous devons redoubler d’attention sur le flanc Sud et réaffirmer notre détermination à lutter contre le terrorisme. Dans ce contexte, le Pôle OTAN pour le Sud, à Naples, est un instrument préventif d’une importance vitale.

« Freedom is not free », disent les Américains : effectivement, la liberté n’est pas libre... de charges. Or nombreux sont les pays où la liberté et la paix sont tenues pour acquises. De concert avec mon prédécesseur, Mike Turner, et le Congrès des États-Unis, l’Assemblée considère depuis longtemps qu’un partage des charges inéquitable est une menace pour la cohésion alliée. Des progrès ont été enregistrés depuis 2014, mais les engagements pris au Sommet du Pays de Galles sont encore loin d’être tenus. L’Assemblée restera votre partenaire : comme par le passé, elle pressera parlements et gouvernements de combler l’écart qui sépare les deux rives de l’Atlantique sur le triple plan des dépenses, des capacités et des opérations et elle s’emploiera à informer nos populations et à les convaincre qu’investir dans la défense c’est investir dans l’avenir.

Nous applaudissons aux efforts déployés conjointement par l’OTAN et l’Union européenne pour bâtir des synergies et consolider la coopération. 

L’intégration euro-atlantique des Balkans occidentaux est essentielle pour ces deux entités ; nous nous prononçons fermement en faveur de l’ouverture d’un processus d’adhésion pour l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et de la prise en compte des avancées faites par d’autres pays candidats, dont la Géorgie et l’Ukraine.

Il y a quarante ans de cela, l’homme d’État italien Aldo Moro disait, quelques jours avant son assassinat par les Brigades rouges : « S’il était possible de dire “Sautons cette époque et passons directement à la suivante”, nous le ferions tous volontiers. Mais cela est impossible : c’est aujourd’hui que nous devons prendre nos responsabilités. Marchons ensemble tant que l’avenir, dans une large mesure, nous appartient encore. »

En ces temps difficiles qui sont les nôtres, permettez-moi de répéter ces mots devant vous, dirigeants du monde libre, et soyez assurés que les membres de vos parlements respectifs marcheront à vos côtés.

Je vous remercie.



* La Turquie reconnaît la République de Macédoine sous son nom constitutionnel.