Déclaration du président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN sur le Traité « Ciel ouvert »

22 mai 2020

Bruxelles/Budapest – Suite à l’annonce par les États-Unis de leur retrait du Traité « Ciel ouvert », le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, Attila Mesterházy (Hongrie), a fait la déclaration suivante : 

« Face à l’attitude de la Russie qui, depuis longtemps, détourne et applique de façon sélective le Traité ‟Ciel Ouvert” (TCO), les États-Unis ont estimé que ce pays contrevenait audit traité et ont fait part ce jour de leur intention de s’en retirer.
 
Tout comme le Traité sur les forces conventionnelles en Europe et le Document de Vienne, le TCO était destiné à instaurer un climat de confiance et à réduire les risques de déclenchement par inadvertance d’un conflit classique.

Or la Russie empêche de façon réitérée les vols de surveillance, met à profit les droits que lui confère ce traité pour mener des campagnes de désinformation, milite pour la reconnaissance par la communauté internationale de son annexion illégale et illégitime de la Crimée, d’une part, et de la poursuite de son occupation d’une partie du territoire géorgien, d’autre part, et enfin, selon toute vraisemblance, recueille des renseignements sur des infrastructures alliées d’importance vitale. Ce faisant, elle a sapé la confiance que le TCO visait à établir entre les signataires. 

Ces dernières années, les pays membres de l’OTAN et l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ont, à de nombreuses reprises, demandé aux autorités russes d’en revenir au respect scrupuleux du TCO et d’autres traités de maîtrise des armements. Les contraventions de la Russie à l’esprit et à la lettre de tels traités s’inscrivent dans un plan d’action plus large, mais je continue à espérer que ce pays finira par comprendre que son attitude nuit à sa propre sécurité.

Une fois de plus, j’appelle la Russie à respecter à nouveau et sans tarder l’ensemble des dispositions du TCO, car la décision des États-Unis prendra effet dans un délai de six mois.

Je me félicite que les pays alliés aient confirmé à de multiples occasions – comme ils viennent de le faire aujourd’hui encore – leur attachement à la préservation et à la consolidation d’un régime efficace de maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération, compte dûment tenu des circonstances qui prévalent actuellement sur le plan de la sécurité. Parallèlement, ils ont indiqué clairement qu’il ne saurait y avoir de progrès sans engagements réciproques de la part de la Russie. »