Dans le domaine de la défense, l'innovation et l'expérimentation sont vitales pour maintenir l'avance S&T de l'OTAN

24 juin 2019

Londres, le 20 juin 2019 – À ce jour et dans le monde, l'innovation scientifique émane principalement du secteur commercial privé et il est très difficile de stimuler le changement technologique par les sciences et technologies de défense (S&T), a déclaré Simon Cholerton, conseiller scientifique principal au ministère britannique de la défense, à une délégation de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN qui s’est rendue à Londres la semaine dernière. Exception faite de certaines niches, " l'époque de la transformation de la technologie par la défense est révolue ", a-t-il affirmé.

Les Alliés doivent faire mieux et plus vite en ce qui concerne les processus de transformation des S & T en véritables capacités de défense. C’est l'un des messages forts reçu par la délégation de la sous commission sur les tendances technologiques et la sécurité (STCTTS) de la commission des sciences et des technologies (STC) de l’AP-OTAN.  

Au cours des quatre journées de travail intenses à Londres et dans le sud de l'Angleterre, 14 parlementaires de 10 pays alliés ont exploré comment transformer la science et la technologie de pointe en capacités concrètes pour leurs forces armées. La délégation était conduite par le vice-président de la STCTTS, Bruno Vitorino (Portugal).

Tout au long de la visite, trois domaines technologiques ont fait l’objet d’une attention particulière : la cybersécurité, l'intelligence artificielle et la lutte anti-sous-marine. 

Alors que la STC continue de presser les Alliés et l'OTAN à maintenir leur avance technologique, les parlementaires ont pu débattre de ces questions avec des hauts responsables du ministère britannique de la défense, du National Cyber Security Centre, du Commandement maritime allié, de l'industrie de la défense et du RUSI (Royal United Services Institute). 

Les forces armées de l'OTAN doivent exploiter les idées nées dans des secteurs non spécifiquement liés à la défense et pouvoir les transformer rapidement en capacités à coups de démonstrations et d’expérimentations. 

Nick Barsby, chef d'état-major de l'Accélérateur Défense et Sécurité (DASA), du Royaume-Uni, a confirmé qu’innover prend du temps. DASA accélère donc les processus en cherchant et en finançant l'innovation par le biais, entre autres, d'appels ouverts, de hackathons, d'analyses de marché et de concours.

James Willis, directeur général de Qinetiq, une société de défense basée au Royaume-Uni, a soutenu que la défense ne pouvait pas se permettre d’attendre une décennie de plus pour développer de nouvelles capacités. Par une "guerre des prototypes", l'entreprise cherche à raccourcir le cycle de développement des capacités en expérimentant et en testant de nouveaux concepts avec des opérateurs militaires sur le terrain.

Forte de diverses solutions maritimes sans pilote, l’entreprise Boeing Defence cherche également à ouvrir de nouvelles voies en ce qui concerne le renseignement, la surveillance et la reconnaissance, la lutte contre les mines et la guerre anti-sous-marine. Des solutions autonomes permettraient de libérer le personnel des ressources navales pour qu’il soit affecté à d’autres tâches plus intenses, a déclaré Jim Parberry, analyste principal des opérations de la compagnie.

Le vice-amiral Hervé Bléjean, commandant adjoint du Commandement maritime allié de l'OTAN, a également souligné l'importance accordée à la démonstration de la S&T dans les exercices et autres activités. Les systèmes maritimes sans pilote feront partie des marines alliées à l'avenir, par exemple. Et les commandants doivent donc expérimenter pour comprendre et s'adapter à cette nouvelle réalité, mais aussi pour pouvoir discerner comment les concurrents pourraient utiliser ces systèmes contre eux. 

Le plus grand défi à relever pour apporter la S&T aux opérateurs est d'instaurer et de maintenir une certaine confiance, qui est difficile à gagner mais très facile à perdre, a déclaré Kevin LePage, directeur de programme au centre de recherche et d'expérimentation maritimes de l'OTAN à La Spezia.

La S & T en matière de défense est un " sport d'équipe ", a déclaré M. Cholerton aux participants. La S & T pour la défense du Royaume-Uni doit être " de vocation internationale", a déclaré Bryan Wells, chargé de la recherche internationale et stratégique du ministère de la défense. Lors de sa visite au Laboratoire des sciences et technologies de la défense (Dstl) du ministère britannique de la défense, la délégation a appris comment celle-ci tient toujours compte des partenariats internationaux dès le début des projets. En conséquence, le Royaume-Uni fait participer quelque 1 000 scientifiques et ingénieurs aux activités scientifiques et technologiques de l'OTAN, par exemple. 

La délégation a également eu l'occasion d'aborder d'autres questions, telles que les défis posés à l'OTAN dans le domaine maritime, l'évolution récente des politiques de défense de l'Union européenne et du Royaume-Uni, le programme nucléaire iranien ainsi que la dynamique de sécurité dans le Golfe, et enfin, le défi posé par la Chine sur le plan technologique.

Un rapport de mission officiel et plus détaillé de cette visite sera publié sur ce site dans les meilleurs délais.