Covid-19 : Entretien avec Marietta Giannakou à propos des défis communs à relever, de la difficulté de prendre les bonnes décisions et du partage d’expérience et des meilleures pratiques.

17 juin 2020

Marietta Giannakou, cheffe de la délégation grecque à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, analyse les défis communs auxquels sont confrontés les citoyens à la suite de la pandémie de Covid-19, la réponse de la Grèce face au coronavirus et les précieux enseignements à tirer de cette lutte contre la pandémie. 

4 questions posées à Marietta Giannakou :

I.    Les efforts déployés par les Alliés pour fournir des ressources et une aide humanitaire aux pays les plus durement touchés ont été essentiels pour aider les Alliés et les partenaires à faire face à cette crise sans précédent. Pourriez-vous nous dire comment la Grèce a utilisé les structures de l'OTAN pour aider les autres et comment la Grèce a-t-elle bénéficié de l'aide d'autres Alliés pendant la crise ?

La pandémie a fait comprendre à l'humanité les difficultés communes qui touchent tous les citoyens et affectent la santé publique en général. Même si chaque État prend des décisions de plein droit en la matière, il est primordial de partager les expériences et les meilleures pratiques par-delà les frontières. L'OTAN soutient des partenariats entre différents pays et, par conséquent, des liens interétatiques solides sont indispensables pour maintenir les contacts entre décideurs politiques afin de s'attaquer aux conséquences désastreuses de la pandémie. La Grèce est parvenue à réagir efficacement à la situation, sans avoir à recourir à aucune forme d’assistance étrangère. Ce faisant, la Grèce est restée à la disposition de ses alliés de l'OTAN afin de fournir toute forme d'assistance à ceux qui avaient été plus gravement touchés par la pandémie. 

II.    Quelles mesures supplémentaires l'OTAN et les forces armées alliées devraient-elles prendre pour accompagner les réponses nationale et internationale à la crise liée à la pandémie de Covid-19 ? 

L’état de santé du personnel militaire doit rester excellent. Il s’agit d’une question qu’il faut envisager de façon responsable. Dans une situation où il n'existe pratiquement aucun précédent de pandémie, les forces armées modernes ont dû concevoir des règles spéciales permettant d’assurer la sécurité du personnel. L'OTAN peut jouer un rôle important en codifiant un ensemble de règles tirées des meilleures pratiques parmi ses membres et en les diffusant auprès des autorités militaires respectives. Nous devons savoir tirer des enseignements cruciaux de la pandémie actuelle, car si le pire des scénarios se concrétise, il est probable que nous devrons continuer à apporter des réponses efficaces dans un avenir proche. Il s'agit là d'un autre défi que l'OTAN doit relever dans le cadre de sa très fructueuse mission.

III.    Le nombre de cas de Covid-19 et de décès liés à cette infection en Grèce a été très faible jusqu'à présent. Bien que chaque pays ait été confronté à des circonstances exceptionnelles lors de la pandémie de Covid-19, voyez-vous des enseignements que la Grèce a tirés et qui pourraient être applicables à d'autres Alliés sur la manière de faire face à la pandémie actuelle et à d’autres éventuelles urgences sanitaires ? 

En effet, la situation de la Grèce s’est avérée l’une des meilleures au monde en conséquence de sa réponse face à la pandémie. Ce n'est certainement pas simplement une question de chance. Le gouvernement a pris des décisions délicates en temps utile en appliquant des mesures de distanciation sociale extrêmes. On peut en tirer des enseignements importants. Mais d’abord, nous devrions impérativement tirer les leçons de l'expérience d'autres États, tels que l’Italie, qui ont été durement touchés. Ensuite, les gouvernements devront conserver des institutions et des processus de coordination solides qui lui permettront de mettre en œuvre efficacement des politiques urgentes. Enfin, nous devrions entretenir en permanence nos infrastructures, afin qu'elles répondent à certains critères de qualité et de fonctionnement. Le système de santé grec, malgré les importantes réductions de financement pendant les années d'austérité, a su préserver des hôpitaux de qualité et surtout, une grande disponibilité de son personnel médical. 

Tout en continuant à travailler sur la prochaine phase de la pandémie, la Grèce s'est résolument attaquée à une récession sans précédent (estimée à près de 10 %) en rétablissant la confiance dans l'économie et grâce à une stratégie cohérente visant à préserver les emplois et les revenus. Dans cet effort, la contribution des fonds et des instruments politiques de l'UE est d'une importance capitale. 

IV.    Quel est le rôle des parlementaires dans cette crise ? Et quel rôle la diplomatie interparlementaire, y compris au sein de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, peut-elle jouer pour atténuer cette crise et préparer la prochaine crise ? 

Les parlementaires ont bien joué leur rôle en soutenant avec sérieux les politiques gouvernementales grâce à un consensus entre les partis. Nous sommes les interfaces avec l'électorat, de sorte qu’une attitude responsable de notre part montre la voie aux différents groupes sociaux au sein de la société. En outre, je crois fermement qu'il est extrêmement important de continuer le réseautage entre les parlementaires au-delà de nos frontières. C'est le meilleur moyen d'échanger de bonnes pratiques en matière de politiques, de parvenir à des solutions très largement acceptées, de faire pression sur les gouvernements pour qu'ils obtiennent de meilleurs résultats et de répondre aux demandes croissantes des citoyens. Au cours de ma très longue expérience parlementaire au sein des parlements hellénique et européen, j'ai toujours défendu l'importance de liens interparlementaires solides comme moyen de favoriser la gouvernance démocratique.


Marietta Giannakou, cheffe de la délégation grecque à l'Assemblée parlementaire de l'OTAN
 

Lire aussi

SEE MORE