Covid-19 : Branimir Gvozdenovic sur les défis posés par la désinformation, la préparation aux situations d'urgence et les plans d'urgence visant à élaborer des réponses innovantes en matière de lutte contre la Covid-19

09 juillet 2020

Branimir Gvozdenovic, chef de la délégation du Monténégro auprès de l'AP-OTAN, partage son point de vue sur les défis posés par les campagnes de désinformation et la façon dont elles ont entravé les efforts pour contenir la pandémie, sur les efforts de coordination du Monténégro dans le rapatriement des citoyens et enfin, sur l'évolution de la crise au Monténégro jusqu'à disparition complète des cas de Covid 19.

4 questions posées à Branimir Gvozdenovic:

I.    Les efforts déployés par les Alliés pour fournir des ressources et une aide humanitaire aux pays les plus durement touchés ont été essentiels pour aider les Alliés et les partenaires à faire face à cette crise sans précédent. Pourriez-vous nous dire comment le Monténégro a utilisé les structures de l'OTAN pour aider les autres et comment le Monténégro a bénéficié de l'aide d'autres Alliés pendant la crise ?

On dit que c'est en situation de crise qu'on découvre qui sont ses vrais amis. Le défi de la Covid-19 et la lutte pour contenir le virus nous ont en effet rappelé à quel point nous pouvions compter sur nos partenaires. Les Alliés ont continué à prouver qu'ils étaient prêts à se serrer les coudes et à s'entraider lorsque le besoin s'en faisait le plus ressentir. 

Depuis le début de la crise, le Monténégro a suivi de près les demandes d'assistance internationale soumises par les Alliés et les partenaires, en grande partie grâce au principal mécanisme de réaction aux catastrophes de l'OTAN – le Centre euro-atlantique de coordination des réactions en cas de catastrophe (EADRCC) – mais aussi à travers l'assistance bilatérale. Dans la mesure de nos capacités, nous avons concentré nos efforts sur la coordination et l'organisation du rapatriement des citoyens des pays alliés, qui se trouvaient hors de leur pays d'origine au moment où la crise a frappé et où les frontières ont commencé à se fermer pour ralentir la propagation de la Covid-19. C'est dans ce cadre que nous avons collaboré étroitement avec nos amis croates en facilitant, entre autres, le rapatriement de leurs forces armées de la mission de la KFOR au Kosovo. 

Peu après le dépistage du premier cas de Covid-19 au Monténégro le 17 mars, le gouvernement monténégrin a soumis une demande d'assistance internationale à l'EADRCC. La Turquie a été le premier pays à répondre à la demande en envoyant du matériel médical (masques, combinaisons et kits de test), tandis que les Pays-Bas ont acheminé des ensembles d'équipements de protection individuelle et des fournitures médicales de Pékin à Podgorica en avril et en mai. Les États-Unis ont fait don de fournitures médicales au centre clinique de Podgorica, dont trois moniteurs de surveillance Dräger Vista 120, 210 sets de perfusion et une pompe à perfusion, tandis que le commandement américain en Europe a fait don de 300 000 dollars au système de santé du Monténégro. Une assistance financière et médicale a également été fournie par d'autres Alliés : le Canada, la Croatie, la Hongrie, la Roumanie, la Pologne, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Bulgarie et la Norvège. 

Depuis le 2 juin, le Monténégro ne compte officiellement plus aucun cas de Covid-19 et nous ouvrons donc progressivement nos frontières pour accueillir nos amis et partenaires. Nous sommes extrêmement reconnaissants à nos Alliés pour leur soutien désintéressé et nous sommes prêts à aider nos amis de l'OTAN à relever tous les défis que nous pourrions rencontrer à l'avenir. La réponse conjointe à la Covid-19 a confirmé une fois de plus que l'esprit de solidarité et de cohésion est le pilier solide qui soutient l'Alliance de l'OTAN.

II.    Quelles mesures supplémentaires l'OTAN et les forces armées alliées devraient-elles prendre pour accompagner les réponses nationales et internationale à la crise de Covid-19 ? 

L'OTAN a lancé de nombreuses activités afin de soutenir les réponses nationales et internationale de ses membres à la crise de Covid-19. L'Organisation a aidé les pays alliés et les partenaires grâce aux instruments déjà existants. Par exemple, en avril, les ministres des affaires étrangères et de la défense de l'OTAN ont chargé le commandant opérationnel en chef de l'OTAN, le général Tod Wolters, de coordonner le soutien militaire aux Alliés et aux partenaires. L'OTAN a ensuite aidé les Alliés à améliorer leur résilience en actualisant les sept exigences de base, en maintenant leurs capacités essentielles de préparation, de défense et de dissuasion, et en développant des mesures de soutien supplémentaires en réponse à la pandémie.

Les Alliés ont fait preuve d'un véritable dévouement envers leurs partenaires. À l'avenir, il sera essentiel de continuer à pouvoir compter les uns sur les autres, en gardant à l'esprit que certains de nos partenaires restent pour l’heure toujours confrontés au défi de la Covid-19, mais aussi qu'une deuxième vague de la pandémie pourrait déjà resurgir. Il sera crucial de définir une réponse et des positions politiques communes par rapport à la crise, mais nous devons penser à renforcer notre préparation aux situations d'urgence et nos plans d'urgence et créer des réponses innovantes. L'OTAN doit poursuivre ses efforts et travailler en étroite collaboration avec d'autres partenaires et organisations internationales, en particulier avec l'Union européenne.

III.    Garantir l'accès du public à des informations transparentes, actualisées et précises sur la Covid-19 est essentiel pour contrer les campagnes de désinformation pendant la crise. Les Alliés et l'OTAN continuent de fournir des informations factuelles pour contrer la désinformation. Mais comment pourraient-ils intensifier leurs efforts contre de telles campagnes de désinformation ?

Malheureusement, la pandémie a mis en lumière le nouveau défi posé par les campagnes de désinformation qui ont touché l'ensemble de la zone euro-atlantique et ont entravé les efforts visant à contenir la pandémie. Pour lutter contre cette désinformation, nous devons échanger en permanence informations et bonnes pratiques rapidement mais aussi adopter une approche coordonnée et proactive de la communication avec nos citoyens, en nous engageant à leur fournir des informations véridiques et à renforcer ainsi leur confiance.

IV.     Quel est le rôle des parlementaires dans cette crise? Et quel rôle la diplomatie interparlementaire, y compris au sein de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, peut-elle jouer pour atténuer cette crise et préparer la prochaine crise?  

Les parlementaires jouent un rôle important dans toute crise, car ils ont le devoir de s'assurer que toutes les mesures prises par leurs gouvernements sont dans l'intérêt des citoyens et conformes aux droits humains. C'est pourquoi nous suivons et examinons de très près la réponse du gouvernement à la Covid 19 en nous assurant qu'il rende des comptes. En outre, nous sommes prêts à aider à la mise en œuvre plus rapide des mesures sanitaires adoptées par nos gouvernements, mais aussi à créer des solutions qui permettront des progrès socio-économiques à un moment où les activités économiques sont ralenties.

Pendant la pandémie, le Parlement monténégrin a limité ses activités, mais nos parlementaires ont tenu un certain nombre de réunions avec des ministres et des représentants d'institutions financières, de chambres de commerce et d'autres acteurs dont le travail est essentiel à la stabilité économique et sociale du pays. En outre, dans le but de sensibiliser les citoyens monténégrins aux défis que représente la Covid 19, nous avons conçu des outils permettant de communiquer sur les risques et impliquer la collectivité.

Le partage de ces expériences avec nos partenaires au sein de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN est d'une importance cruciale, car nous apprenons et grandissons ensemble, ce qui nous permettra de réagir plus rapidement et d'obtenir de meilleurs résultats à l'avenir. Cette étroite collaboration nous aide à renforcer la résilience de nos parlements et à contribuer aux efforts globaux de nos pays dans la lutte contre cette pandémie.
 


Branimir Gvozdenovic, chef de la délégation du Monténégro auprès de l'AP-OTAN

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