2019 - UNE NOUVELLE ÈRE POUR LA DISSUASION NUCLÉAIRE ? MODERNISATION, MAÎTRISE DES ARMEMENTS ET FORCES NUCLÉAIRES ALLIÉES

JOSEPH A. DAY (Canada)

11 juillet 2019

La posture nucléaire de l’Alliance, qui repose en grande partie sur les forces stratégiques des États-Unis et, dans une moindre mesure, sur celles de la France et du Royaume-Uni, est en train de s’adapter à un environnement international en mutation et sera probablement amenée à s’adapter encore davantage dans un proche avenir. Face à l’attitude agressive récemment adoptée par la Russie, l’OTAN a réaffirmé le rôle de ses forces stratégiques en tant que garantie de sécurité ultime pour les Alliés. Et pourtant, la question de la posture nucléaire et de la manière de gérer ces armes est restée relativement marginale lors des débats menés ces derniers temps sur la nouvelle politique de défense et de dissuasion de l’OTAN. Mais les développements majeurs intervenus sur la scène internationale viennent rouvrir le débat sur la posture nucléaire de l’Alliance, du fait notamment que toutes les puissances nucléaires ont récemment lancé des initiatives de modernisation de leurs forces, ainsi qu’en raison de la disparition imminente du traité FNI. Pris ensemble, ces facteurs ouvrent potentiellement la voie à une nouvelle ère de réarmement et à une course aux armements déstabilisante.

Il faut s’attendre à ce que la dissuasion nucléaire des pays alliés se retrouve confrontée à des défis supplémentaires. Le fait que les armes nucléaires dépendent de plus en plus de cybersystèmes, dans le sillage des développements technologiques, comme c’est le cas pour les armes hypersoniques par exemple, rend la défense des forces stratégiques plus difficile et réduit considérablement le temps de réaction disponible. De même, la poursuite de la prolifération nucléaire va de pair avec une augmentation du risque d'accidents et de vols. Au cours des prochains mois et années, la posture nucléaire de l’OTAN occupera une place de plus en plus centrale dans les débats des gouvernements alliés et de la société civile. Dès lors, il est essentiel que les parlementaires soient informés des enjeux liés à ce dossier complexe. La question de savoir si la posture nucléaire de l’OTAN est aujourd’hui suffisante se posera si le traité FNI tombe effectivement en désuétude. Cela rouvrira alors le débat sur la combinaison idéale des forces et la maîtrise négociée des armements.