2018 - RENFORCER LA DISSUASION DE L’OTAN À L’EST

Joseph A. DAY (Canada)

23 avril 2018

L’OTAN prend aujourd’hui, dans les territoires alliés d’Europe orientale, les mesures les plus notables jamais appliquées depuis 2014 pour adapter sa posture de défense et de dissuasion.
Les rotations de forces de même que la mise en place de dépôts de matériels et la tenue d’exercices prévues dans cette perspective doivent renforcer la présence alliée et ainsi, modifier l’équilibre des forces conventionnelles et permettre à l’OTAN d’exercer la dissuasion face à la résurgence d’une Russie révisionniste et de plus en plus performante. 
La présence accrue de l’Alliance sur son flanc est souligne la crédibilité de la posture de défense et de dissuasion de l’Alliance mise en place pour l’après-2014. Les contributions majeures apportées dans ce contexte par les États-Unis et le Canada traduisent la nécessité de ces initiatives du point de vue de la sécurité transatlantique. 
Il ressort clairement de ce projet rapport que la configuration actuelle des forces conventionnelles présentes dans les territoires de l’est de l’Alliance reste insuffisante. En cas de crise dans une région bordant le flanc est (en particulier dans les États baltes), l’Alliance, confrontée à des problèmes de renforcement, éprouverait des difficultés à acheminer les renforts destinés à une opération chargée de repousser une force d’invasion et de rétablir le statu quo. Cela tient à deux problèmes critiques qui perdurent, à savoir : premièrement, la difficulté d’acheminer le matériel et les effectifs militaires nécessaires vers cette région ;  et deuxièmement, l’insuffisance des forces de réaction rapide à haut niveau de préparation en Europe. 
La Russie, qui ne connaît aucun de ces problèmes, est en mesure de mobiliser rapidement des forces et des effectifs considérables pour être rapidement à l’œuvre dans la région. 
L’Alliance prend aujourd’hui des mesures destinées à surmonter ces écueils critiques. Au cours de l’automne dernier, le siège de l’OTAN a annoncé la création de deux nouveaux commandements, l’un pour l’Atlantique et l’autre pour l’Europe, qui auront pour mission d’aider à la coordination des mouvements de troupes dans leurs zones respectives. Les États-Unis ont décidé, en outre, de revoir à la hausse leurs investissements au titre de l’Initiative de dissuasion européenne (European Deterrence Initiative, EDI), et les Alliés consacrent de plus en plus de moyens financiers aux effectifs ainsi qu’aux matériels à mobiliser pour que le rééquilibrage en cours des forces conventionnelles puisse être mis au service de la posture de défense et de dissuasion de l’OTAN. Cela étant, il faut aller plus loin. 
Ce projet rapport s’inscrit dans la série de documents sur l’adaptation pour l’après-2014 que la commission de la défense et de la sécurité a établis depuis la décision, prise par l’Alliance, de reconsidérer le poids qu’il convient d’attribuer à la combinaison des forces composant son dispositif de dissuasion et de défense. La capacité de l’Alliance à renforcer ses capacités conventionnelles sur le flanc oriental reste une préoccupation de sécurité majeure. Le problème ne sera examiné que si une volonté politique se dégage en faveur d’une solution qui permette de mettre en œuvre, à l’échelle de l’Alliance, les capacités requises en termes d’effectifs et de ressources.