2018 - RAPPORT VISITE ESCTER PARIS TOULOUSE FRANCE - 228 ESCTER 18 F


Le monde de l’espace, en évolution rapide, ouvre de nouvelles perspectives qui vont transformer l’économie mondiale. Protagoniste de premier plan de l’industrie spatiale, la France entraîne un mouvement collectif européen visant à organiser ces marchés et à en tirer des bénéfices. Mais dans ce domaine, les acteurs et les enjeux commerciaux se multiplient. En outre, l’économie planétaire dépend de plus en plus de systèmes numériques ou de communication fondés sur des technologies spatiales. C’est pourquoi ce secteur souvent dénommé le « Nouvel âge spatial » risque de se transformer en terrain de rivalités stratégiques et militaires. Là est l’essentiel du message qu’une délégation de représentants de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN a rapporté de son séjour à Paris et à Toulouse du 3 au 5 octobre 2018.

Jean-Paul Granier, de la direction générale de l’armement en France, a indiqué à la délégation que l’espace était un élément essentiel de la doctrine militaire française, mais que les pays occidentaux devaient désormais adapter leurs stratégies au « phénomène du New Space ». Par exemple, compte tenu des technologies antisatellitaires que déploient aujourd’hui des États rivaux, il faut, pour assurer la pérennité des satellites, augmenter leurs capacités de surveillance et d’antibrouillage. La connaissance de la situation est indispensable non seulement pour parer aux agressions de pays rivaux, mais aussi pour traiter le problème croissant des débris que l’activité humaine engendre dans l’espace.

Par ailleurs, la maîtrise de l’espace procure d’importants bénéfices terrestres. Toulouse, aujourd’hui au cœur de l’industrie spatiale française et même européenne, jouit d’une économie florissante. Son maire, Jean-Luc Moudenc, également président de Toulouse Métropole, a déclaré à la délégation que sa ville est depuis toujours à l’avant-garde de l’aérospatiale : pendant la première guerre mondiale, l’aviation française y prenait son envol. Depuis, Toulouse est le moteur de l’aviation et de l’industrie spatiale française. Dans ce centre technologique d’envergure internationale, des partenariats commerciaux se nouent aujourd’hui avec le monde entier.

Toulouse et sa région abritent une myriade de sociétés d’ingénierie et d’organismes de recherche aérospatiale, notamment Airbus, le Centre national d’études spatiales (CNES) et un réseau universitaire œuvrant en étroit partenariat avec ces organisations. Selon  Jean-Luc Moudenc, il en résulte un cercle vertueux dans lequel les recherches fondamentale et appliquée produisent des connaissances et des techniques aux considérables retombées commerciales et stratégiques. La croissance rapide du secteur aérospatial se traduit dans la région par un essor de l’innovation et de l’économie. Les progrès de l’aviation, de la construction de satellites et d’une foule d’autres secteurs auxiliaires ou dérivés de ces industries y créent des milliers d’emplois.

La délégation, composée de 11 membres de la sous-commission sur les relations économiques transatlantiques de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, avait à sa tête deux de ses vice-présidents : Jean-Luc Reitzer (France) et Christian Tybring-Gjedde (Norvège). Jean-Marie Bockel, sénateur français, a accueilli le groupe de parlementaires et a contribué à l’organisation du séjour, comprenant notamment la visite d’Airbus Defence and Space, du CNES et de Thales Alenia Space à Toulouse, ainsi que des services de lancement d’Arianespace aux Mureaux, près de Paris. [...]