2018 - LE SYSTÈME COMMERCIAL INTERNATIONAL EN PÉRIL - 174 ESCTER 18 F fin

Faik OZTRAK (Turquie)

02 octobre 2018

La croissance sans précédent de l’économie mondiale au cours des soixante dernières années reposait sur une réforme du marché libéral et le libre-échange. Ces dernières années ont malheureusement vu l’émergence d’une opposition au libre-échange, thème désormais récurrent dans les programmes politiques de courants populistes qui cherchent à faire porter à cet ordre économique et, par voie de conséquence, à la libre circulation des personnes, la responsabilité du malaise économique actuel. D’après le rapport, le commerce demeure un facteur de croissance et de développement et c’est ailleurs qu’il faut chercher les principales causes de problèmes tels que la faible croissance de l’emploi dans le secteur manufacturier par exemple. On a par ailleurs tendance à dépeindre de plus en plus souvent les déficits commerciaux comme un signe de faiblesse économique alors que les excédents commerciaux sont souvent assimilés, de manière restrictive, à une source de puissance. Mais cette réalité économique dément une analyse aussi simpliste.

Le présent rapport cherche dès lors à dissocier ces types d’arguments, tout en mettant en exergue les phénomènes macroéconomiques plus complexes qui façonnent les positions commerciales relatives. Ainsi, un déficit commercial persistant exprime-t-il généralement un phénomène national de désépargne. Il est donc davantage lié à des préférences macroéconomiques  privilégiant d’importants déficits budgétaires, qu’à une quelconque politique commerciale. Dans pareils cas, des mesures protectionnistes ne contribueront pas à résoudre le déséquilibre sous-jacent ; elles ne feront sans doute qu’exacerber les problèmes économiques plutôt que les résoudre. 

Le rapport rappelle la chronologie de l’attaque de plus en plus forte contre l’ordre commercial international libéral - y compris des accords commerciaux régionaux générateurs de richesses – et en appelle à un retour à des principes économiques robustes comme base d’une politique économique internationale et de la croissance future. Il reconnaît également que dans un système de libre- échange, il y a toujours des gagnants et des perdants  et que les gouvernements peuvent jouer un rôle déterminant pour s’assurer que les marchés de l’emploi s’adaptent rapidement à l’évolution des conditions des marchés mondiaux. Il défend l’idée selon laquelle les sociétés les plus à même de procéder à ces ajustements sont précisément celles qui sont les mieux placées pour prospérer dans une économie mondiale intégrée (et cela n’est pas une coïncidence) et qui, parallèlement, génèreront un soutien public à la prospérité, elle-même source de politiques commerciales ouvertes.